2 décembre 2020
Classics

Peur sur la ville : Henri Verneuil sous influence américaine

Par Denis Dutronc


Dans le film "Peur sur la ville", actuellement proposé par Netflix, nous sommes à Paris en 1975. Un tueur cède à sa pulsion meurtrière en assassinant des femmes qu’il juge dépravées et semble toujours avoir une longueur d’avance sur la police qui est chargée de l'enquête en la personne du Commissaire Letellier.

Le réalisateur français Henri Verneuil ("Le Clan des Siciliens") a mis en scène un thriller policier plein d'action. Avec un soupçon de mythologie, le tueur (qui se fait appeler Minos, le juge des enfers) captive le spectateur pour son jeu du chat et la souris avec le commissaire. On pense inévitablement à Scorpion dans "L’inspecteur Harry" avec Clint Eastwood.


Rôle taillé sur mesure pour Belmondo
Jean-Paul Belmondo Interprète le commissaire Jean Letellier un flic coriace et comme toujours le décontracté Bebel n’est pas doublé dans toutes ses cascades, d’ailleurs il se sera blessé à deux reprises. L’audace sera récompensée au box-office puisque "Peur sur la ville" aura été un énorme succès, enregistrant près de 4 millions d’entrées sur toute la France et faisant de lui le deuxième plus gros succès de l’année 1975 juste derrière "La Tour Infernale" de John Guillermin.


Scènes culte
"Peur sur la ville" constitue la 6ème collaboration entre Henri Verneuil et la star de l’action française Belmondo, impeccable une fois de plus avec ses cascades qui sont devenues des classiques ( la descente du haut d'un immeuble en mode hélitreuillé). Le réalisateur y orchestre une course-poursuite sur les toits de Paris à couper le souffle, devenue culte depuis, et qui s'achève sur le toit du métro. La scène du métro qui roule à 60 kilomètres heure aura nécessité 3 semaines de tournage entre minuit et 5h du matin lorsque les gares souterraines étaient fermées au public.



L'interprétation de l’acteur italien Adalberto Maria Merli alias Minos, le tueur psychopathe au sourire sadique, demeure inoubliable. L’excellent Charles Denner, avec son flegme légendaire, est l'adjoint sympathique de Belmondo. Des seconds voire troisièmes rôles tels ceux de Lea Massari et Rosy Varte nourrissent "Peur sur la ville" et on y ajoutera le tout jeune Jean-François Balmer dans une de ses premières apparitions. Enfin, la partition musicale composée par Ennio Morricone, envoûtante à souhait, colle parfaitement à la menace omniprésente qui parcoure "Peur sur la ville".


À voir et revoir
Grand classique de la formidable filmographie de Belmondo, "Peur sur la ville" est un pur film d’action dans la tradition des modèles américains et qui fonctionne parfaitement. Il s'appuie sur un très bon scénario qui entremêle habilement les éléments d'un puzzle. L’association Verneuil/Belmondo nous offre encore une fois un polar musclé, efficace, spectaculaire avec des dialogues savoureux. Un beau Fleuron du cinéma populaire français des années 70 qui n'a pas à rougir de son homologue américain.

ça peut vous interesser

Le Marginal : Tel est Bebel !

Rédaction

L’As des As : une comédie d’aventure populaire

Rédaction

Le Magnifique : Bebel l’est surement !

Rédaction