29 juillet 2021
Classics

Possession : Trouble trouple

Par Louis-Antoine Jonathan

Une ressortie en salles bienvenue de "Possession" (sous les bons auspices de Tamasa Distribution) permet de nous replonger dans le film-cauchemar inoubliable proposé par Andrzej Zulawski. Accrochez vos ceintures !

De retour à Berlin après un long voyage, Mark retrouve son petit garçon Bob et son épouse Anna qui s'avère distante et agressive. Il la soupçonne d'entretenir une liaison avec un dénommé Heinrich et la fait suivre par un détective privé. Celui-ci est alors retrouvé assassiné dans des conditions particulièrement horribles.

Sur une histoire d’adultère en apparence classique mais teintée de mystère, Andrzej Zulawski délivre un film unique et hybride, au carrefour de David Cronenberg (“Chromosome 3”), Ken Russell (“Les Diables”) et Roman Polanski (“Le Locataire”). En effet, le film touche à l’horreur et au fantastique alors que nos personnages principaux fuient et se perdent dans un Berlin fantomatique et kafkaïen.

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Isabelle Adjani / Copyright : Tamasa Distribution

L’ambiance de "Possession", bien aidée par la sublime photographie de Bruno Nuytten, permet de nous immerger complètement dans les errances de Sam Neil et Isabelle Adjani. Cette dernière nous délivre une performance viscérale et totale qui a été saluée à juste titre par la critique lors de la sortie du film en 1981. Son mari à l’écran n’est pas en reste avec une interprétation loin de “Jurassic Park”, mais se rapprochant davantage de celles dans “Event Horizon” ou “L’Antre de la folie”.

Au-delà de son premier niveau de lecture, le cinéaste en ajoute de nouveaux dans "Possession" qui sont à rapprocher de sa situation personnelle : un homme meurtri par un divorce douloureux et qui a essuyé la censure de l’Etat polonais lors du tournage de son film d’anticipation “Sur le globe d’argent”. Passé à l’Ouest et terminant le scénario sous les effets de l’alcool dans un chambre d'hôtel de New York. Zulawski accouche alors d’une fable à Berlin sur la situation de l’Europe de l’époque, alors qu’il se retrouve écartelé entre deux blocs et idéologies. "Possession", le film, porte plus que jamais bien son nom et la possession se fait continuelle, ténébreuse et jusqu'au vertige...

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