Classics

Grâce de Capitani : Le temps des Ripoux

Alors que le film "Ripoux contre ripoux" est sorti en février 1990, nous avons eu l'occasion de discuter avec Grâce de Capinati pour évoquer ses souvenirs de tournages. Trente ans après avoir côtoyé Philippe Noiret et Thierry Lhermitte, l'actrice livre quelques anecdotes sur les films qui ont marqué sa carrière.

Étiez-vous très complice avec Philippe Noiret ?

Philippe était un homme merveilleux. Je venais de tourner une série télévisée où Jacques François, le meilleur ami de Philippe, jouait le rôle de mon père. Quelques jours avant le tournage des « Ripoux », Jacques me dit : « Tu vas tourner avec Philippe Noiret, mon meilleur pote ». Bien sûr, je l’ignorais et Jacques a continué en me disant : « Je te prépare le terrain ».

Le premier jour de tournage des « Ripoux » arrive et Noiret me dit : « Mon meilleur ami m’a beaucoup parlé de vous ». Jacques François et Philippe Noiret étaient très liés et donc le terrain avait bien été préparé en me présentant comme une actrice talentueuse, charmante et agréable. Comme me l’avait expliqué Jacques François, Philippe Noiret venait d’un milieu assez simple et modeste alors la première question qu’il m’a posée était de savoir si c’était mon vrai nom. Je lui ai donc dit que mon nom complet était Marie Grâce de Capitani. Il s’en est gargarisé toute la journée. Je l’entends encore m’interpeller « Marie Grâce de Capitani » de sa voix grave si reconnaissable.

Il vous a demandée d’où venait ce nom de famille…

Oui tout à fait. Je lui ai dit que ma famille était issue d’une longue série de capitaines. Je ne vous cache pas que je suis italienne, née à Bruxelles mais italienne et ma famille a acquis le droit de marquis par le Vatican. Cela avait un peu impressionné Philippe. C’est par cette anecdote qu’a débuté notre amitié et nous sommes devenus complices et très amis.

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Line Renaud et Grâce de Capitani entre Philippe Noiret et Thierry Lhermitte

Avez-vous un exemple de cette complicité qui s’est illustrée sur un des tournages avec Philippe Noiret ?

Souvenez-vous de la première scène de « Ripoux contre Ripoux ». Je suis en taule et je l’enguirlande comme la fille de joie que j’étais, il fallait vraiment avoir quelqu’un en face de soi qui vous donne confiance et Noiret me faisait, me donnait confiance.

L’autre personne qui vous faisait confiance, c’était un certain Claude Zidi...

Il m’a fait faire mon premier film avec « Les Sous-doués en vacances » avant de me reprendre pour les deux premiers « Ripoux » puis son dialoguiste, Didier Kaminka m’a fait faire « Les Cigognes n’en font qu’à leur tête » et le fameux « Promotion Canapé ».

Comment est-ce que Claude Zidi dirige ses acteurs ?

Claude est un technicien formidable et lorsqu’il s’agit de diriger les acteurs il a l’élégance de se mettre en retrait parce qu’il fait confiance à ses acteurs. Il aime bien engager ce que j’appelle des « formules 1 », il les connaît et c’est pour ça qu’il les reprend. C’est comme cela que j’ai fait quatre films en trois ans avec Jean Pierre Mocky. Ce sont des gens qui vous font confiance et qui savent qu’on ne perd pas de temps et qu’il faut peu de prises pour avoir la bonne scène.

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Grâce de Capitani et Thierry Lhermitte

Avez-vous été contactée pour le troisième volet des « Ripoux » ?


Non car Claude voulait un peu changer l’équipe. J’ai trouvé ça dommage et j’ai été très étonnée par ce changement car je pense encore aujourd’hui que la cohabitation entre les flics et les prostituées était drôle, c’était un point fort des deux premiers films. D’ailleurs le troisième n’est pas resté à l’affiche très longtemps.

Quel est votre meilleur souvenir de votre aventure avec « Les Ripoux » ?

J’ai beaucoup aimé la scène du cabaret russe où Thierry Lhermitte va donner jusqu’à sa chemise et quand Thierry se lève pour passer l’addition, la caméra devait le suivre. Mais Claude Zidi était très observateur et il a vu que je regardais Thierry Lhermitte comme si j’avais gagné alors le réalisateur a décidé de garder la caméra sur moi.

Je me souviens aussi d’un moment merveilleux grâce à Régine. Je la vois encore amener des fourrures magnifiques de chez Dior pour tourner la sortie de prison de Noiret alors qu’elle n’avait pas dormi. Elle venait juste de quitter sa boite. Et alors que nous étions occupées avec ces manteaux, vous aviez Claude Zidi qui s’évertuait à faire du brouillard très tôt le matin et contre le vent. Et au final ça donne la scène que vous connaissez.

Vous avez évoqué Thierry Lhermitte, aviez-vous également une bonne complicité avec lui ?

Thierry est un seigneur, un homme très bien élevé notamment lors du baiser ou de la scène où nous sommes tous les deux dans le lit, il a su me mettre à l’aise et tout faire pour que la scène soit réussie.


Propos recueillis par Jérémy Joly

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