Classics

Terminator : Know Future

Par Pierre Tognetti

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"Terminator : Dark Fate" est sorti sur les écrans ce 23 Octobre. Une belle opportunité se présentait donc de revenir aux sources d'un des plus grands mythes du cinéma mondial...

"Terminator" ! Cette incroyable intrigue sort de l’imagination de James Cameron. Il s'en voit confier la réalisation alors qu’il ne compte qu’un "Piranha II" à son actif. Toutefois, le jeune Cameron, issu de l’école Roger Corman, est rompu aux méthodes de la débrouille et de l’économie. Avec les tournages de nuit rendus obligatoires ce grand malade du contrôle total va installer une vision crépusculaire de Los Angeles. Cette dernière est dépeinte telle une ville crade, inquiétante et déliquescente. « No future ! »… Cette maîtrise parfaite de l’obscurité lui permet de créer entièrement sa lumière. Cette dernière est propice à installer un climat omniscient de terreur.

Le phénomène Arnold

Arnold Schwarzenegger, auréolé du succès planétaire de "Conan", endosse le rôle-titre. Sa musculature, hors-norme et puissante, lui confère une présence physique monumentale pour camper un Cyborg. Inspiré par le jeu de Yul Brynner dans "Mondwest" (1973), il adopte une attitude glaciale et vide d’émotion. Aucune expression quand il tue. Ni joie, ni sentiment de victoire. Ni bon ni mauvais. Juste une machine. Pour arriver à ce résultat le géant autrichien va répéter pendant des centaines d’heures chacun de ses gestes. Par exemple, pour armer, tirer et recharger sans jeter un regard sur ce qu’il fait. Ou bien encore pour faire disparaître le moindre battement de cils.

Dans sa mise en scène du T-800, Cameron use de plans fixes parfaitement cadrés et de lents mouvements de caméra pour mieux retranscrire son effrayante présence. Le cinéaste souligne chacune de ses apparitions par un thème musical angoissant. Un peu à la manière de Steven Spielberg avec le requin des "Dents de la mer". Le résultat est magistralement bluffant !

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Linda Hamilton et James Cameron sur le tournage du film
Girl Power

Face au Cyborg, Sarah Connor va laisser tomber sa tenue de serveuse pour endosser celle d’une femme forte, dotée d’un instinct de survie hors du commun dans une interprétation assez proche de celle de Sygourney Weawer dans "Alien". Linda Hamilton apporte la caution dramatique, conjuguée à son histoire d’amour extra-temporelle avec Kyle futur père de John. Un prisme qui apaise la lourdeur d’une histoire brutale, sombre, et qui permet ce supplément d’espoir et d’humanité.

James Cameron réalise une œuvre extrêmement maîtrisée qui annonce l’immense réalisateur qu’il va devenir. Un film sans temps mort, sans césure de tons. Les plans d’un futur apocalyptique s’insérant parfaitement au récit grâce à d’astucieux retours en arrière. L’intensité dramatique ne ralentit jamais l’action. On est emporté par un rythme effréné qui ne nous laisse aucun répit.

James Cameron se réapproprie les codes du film d’action, de la science fiction et de l’horreur dans un savant mixage. Les scènes de traque par le Cyborg en ville, en boite de nuit, dans l’appartement, au commissariat, etc., sont autant de sommets de pur effroi, de peur viscérale, décuplés par la détermination froide du Terminator. Avec 6 millions de dollars Cameron réussit l’incroyable pari de réaliser un film de science-fiction qui donne la sensation d’en avoir pour les 20 millions initialement budgétisés.

Au final "Terminator" est un spectacle totalement jouissif. Le tout est saupoudré de répliques anthologiques du Cyborg, perles d’humour décalé qui introniseront la marque de fabrique indissociable de la carrière de Schwarzenegger, dont le fameux « I’ll be back »… Ce qu’il fera sept ans plus tard avec "Terminator 2 : le jugement dernier".

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