Classics

The Rocky Horror Picture Show : Let’s do the Time Warp again

Par Yann Vichery

Actuellement diffusé sur la chaine TCM, je me devais de partager mon amour pour cet OFNI qu'est "The Rocky Horror Picture Show". Comment aborder un tel film ? Comme une simple production ciné ou comme l’œuvre la plus culte de l’histoire du cinéma ?

Il faut remonter aux origines de la comédie musicale « Rocky Horror Show » créée en 1973 par Richard O’Brien à Londres ainsi qu’a son succès sur Broadway. Hollywood s’en empare pour surfer sur la vague de ce succès surprise dés 1975. Jim Sharman (déjà metteur en scène de la comédie à Broadway) se retrouve aux manettes du film (d’ailleurs c’est qua-siment sa seule réalisation). Le casting d’origine est en grande majorité de retour (à part les futurs mariés joués par Barry Botswick et Susan Sarandon). Les autres rôles colleront à la peau de leurs interprètes principaux toute leur vie, que ce soit Richard O’Brien, Patricia Quinn (se sont ses lèvres qui chantent en ouverture) qui sont devenus depuis des icônes lors des conventions de fans du monde entier ou Meat Loaf qui interprète à chaque concert Bless My Soul depuis plus 40 ans. Cependant, c’est surtout Tim Curry, fabuleux Franck’n Furter qui en tirera bénéfice et dont la carrière restera toujours associé à son interprétation.

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Une comédie musicale hommage au cinéma de genre

Un jeune couple se retrouve accueilli dans un manoir de style Transylvanien en pleine nuit d’orage par un majordome bossu, tout ça au beau milieu d’une party où apparaît le maître du château, déguisé en travesti assumé... Bref, à partir de là, tout cela devient irracontable tant l’histoire part dans un bazar totalement délirant imprégné de non sens à coups de chansons, de numéros de danse et de séquences alternant le génial au mauvais goût.

"The Rocky Horror Picture Show" est avant tout à replacer dans le contexte du « nouvel Hollywood » contestataire de l’époque. La révolution sexuelle est en marche depuis quelques temps, le film se joue des conventions du mariage et porte haut et fort l’image débridée de la transsexualité et de l’homosexualité dans le puritanisme lénifiant qui inonde l’Amérique. A travers la formidable performance de Tim Curry, Sharman en fait une icône de la liberté sexuelle assumée.

"The Rocky Horror Picture Show" est aussi et surtout un hommage aux séries B (voire Z) fauchées de science fiction de la RKO et des chefs d’œuvre du fantastique. Tout y est : costumes, décors en carton pâtes, rayons laser, explosions (enfin... pétards plutôt), etc. Le film y détourne même le mythe de la créature de Frankenstein et de son créateur... extraterrestre. On navigue dans le kitch assumé un peu à la manière des films signés Ed Wood. Certaines séquences musicales restent, toutefois, plaisantes et entraînantes, notamment le fameux Time Warp et sa chorégraphie ou bien encore l’arrivée de Meat Loaf en moto sur Bless My Soul alors que d’autres sont d’un niveau de mauvaise variété selon moi.



Le culte à son paroxysme

A l’origine, "The Rocky Horror Picture Show" est un échec commercial malgré le succès sur Broadway. Les  spectateurs en nombre quittent les salles avant la fin sauf quelques irréductibles qui restent et reviennent encore et encore. Le culte autour de "The Rocky Horror Picture Show" s'est créé peu à peu autour de ces amateurs des séances de minuit et de leur joyeux délire à rejouer directement devant l’écran, les dialogues, les chorégraphies, s’habillant comme les personnages (le cosplay avant l'heure) et reprenant les scènes en live.

Assister à une séance, le vendredi soir, au studio Galande à Paris est un spectacle à lui tout seul tant "The Rocky Horror Picture Show" se joue sur scène... Une expérience tout ce qu’il y a de plus respectable à vivre une fois. Le culte est devenu planétaire et les conventions de fans s’enchaînent depuis. Cette vénération autour de l’œuvre ne s’explique pas vraiment. "The Rocky Horror Picture Show" possède un « je ne sais quoi » de particulier qui lui donne un charme désuet, quelque chose de génialement décalé. Une des chansons du film (qui faisait aussi office d’accroche sur certaines affiches) précisait « Don’t Dream It, Be It » : les fans ont pris cette maxime au pied de la lettre et lui ont offert le culte qu’il méritait depuis déjà plus de 40 ans et cela ne semble pas prêt de s’arrêter....

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