22 septembre 2020
Classics En Une

Total Recall : Dans les rêves de Doug

Par Pierre Delarra

La planète Terre, 2048. Hanté par un cauchemar qui l’entraîne chaque nuit sur Mars, Doug Quaid s’adresse à un laboratoire, Rekall, qui lui offre de matérialiser son rêve grâce à un puissant hallucinogène. Mais l’expérience dérape : la drogue réveille en lui le souvenir d’un séjour bien réel sur Mars, à l’époque où il était l’agent le plus redouté du despote Cohaagen. Des tueurs désormais à ses trousses, Quaid décide de repartir sur la planète rouge où l’attendent d’autres souvenirs et bien d’autres dangers…

Attention ! Avec "Total Recall" nous pénétrons dans la cour des grands. Paul Verhoeven, fraîchement arrivé des Pays-Bas à l'époque, habitué des films underground avec des productions telles que "Turkish Delices" (1973), "Speeters" (1980) et surtout le magistral "La Chair et le Sang" (1985), puis installé à Hollywood avec l'incontournable "Robocop", mais aussi l’ignoré "Show Girls", précédant le merveilleux et complètement incompris "Starship Troopers" (1997).

Nous en avons beaucoup discuté dans les colonnes du Quotidien du Cinéma, mais voici une oeuvre qui emporte tous nos suffrages : "Total Recall" qui revient dans les salles obscures en ce mois de Septembre sous les beaux auspices de Carlotta Films. Dans les années 80, "Total Recall" était initialement prédestiné pour le jeune cinéaste canadien David Cronenberg, ami des méandres du cerveau. Toutefois, le réalisateur aura pris peur face à la machine à rêver de Hollywood. Sage, il restera à Toronto et préfèrera développer un autre projet : "La Mouche"…

total-recall-film-affiche
C'est le duo formé par Dan O’Bannon et Ronald Shusett (les bien heureux pères de "Alien", en 1979, qui auront également produit le pastiche de tous les films gore à savoir : "Hémoglobine, en 1997, sans oublier "Minority Report" de ce cher Steven Spielberg quelques années plus tard) qui sera à l'origine du scénario en collaboration avec Gary Goldman. Avec "Total Recall", ils partent sur les traces de Philip K. Dick et adaptent un de ses romans, écrit dès 1966, « Souvenirs à vendre (We Can Remember It for You Wholesale). Pour emballer le tout, on dispose d'un casting quatre étoiles : Ronny Cox, Sharon Stone, Rachel Ticotin, Michael Ironside et surtout Arnold Schwarzenegger bien loin alors des séries B du début de sa carrière, lui qui était devenu le top des séries A, au milieu des années 80, avec Sylvester Stallone.

Mais revenons à Doug Quaid, celui qui, par erreur, veut encore rêver, aux plus hauts faits, au plus loin. Doug est un quidam heureux, un bon travailleur, celui qui ne se plaint jamais, celui qui n’œuvre sans doute aucun. Cependant, rappelons-nous que Doug a des doutes sur son identité, la sienne, celle qui lui est propre. Alors ce film mémorable et plein d’esprit nous compte les affres et les discontinuités de la mémoire, à savoir : penser. Incarné par un Arnold Schwarzenegger au sommet (et grand artisan du projet "Total Recall" adapté pour le 7ème art), porté par une extraordinaire partition musicale signée Jerry Goldsmith, superbement maîtrisé par Paul Verhoeven, "Total Recall" est une complète réussite ! Eh oui, nous serons toujours dans les rêves de Doug, ces si doux rêves qui nous rassurent tant ou presque...

A vos sodas, pop-corn et bonne projection !



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