Courts-métrages

Popcorn Reborn : Filmer à tout prix

Par François Bour


Alors que les courts-métrages sont de plus en plus promus auprès du grand public, les jeunes créateurs sont encore plus nombreux à passer le cap de la réalisation. Parmi les jeunes passionnés de cinéma, qui se décident un jour de se lancer, deux jeunes réalisateurs ont accepté d’évoquer leur travail au sein de leur association "Popcorn Reborn".

Au moment d’évoquer un échange sur leurs courts métrages, Guillaume Méral et Benjamin Deneuféglise ont pris le temps de choisir ceux dont ils sont le plus fiers. Il faut dire que les deux hommes ont déjà une petite filmographie. À travers l’association Popcorn Reborn, et ses différentes soirées cinéma, le duo a relevé le défi de proposer au public des histoires courtes avant la diffusion d’un long métrage évènement de la soirée.

La méthode Popcorn Reborn

Court ou long, quand il s’agit de faire un film, ce n’est jamais une aventure individuelle. Trouver l’histoire à raconter, écrire le scénario, constituer le casting, chercher les décors et organiser le tournage, tout cela demande du temps. Oui, mais parfois il faut « se jeter à l’eau et apprendre à nager après » comme le dit Guillaume. Alors après les premiers sketches réalisés entre amis, c’est dans la même spontanéité que celui qui aime écrire des critiques comme des scénarios s’est retrouvé devant la caméra dans les rues d’Arras avec son compère Benjamin pour réaliser un court métrage. Au diable le planning de tournage, il faut faire vite et épuré. Un défi qui n’est pas pour déplaire à Benjamin Deneuféglise, lui faire peur au contraire, l’amateur de l’évènement « les 48 h du court métrage » va s’amuser. « Notre but est d’accompagner la soirée en proposant notre propre histoire autour du film projeté sans faire de fan service » , raconte le monsieur post-production des courts-métrages.

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Benjamin Deneuféglise (à gauche) et Guillaume Méral

Si les deux hommes ont donc appris à réaliser leurs courts métrages rapidement, ils ont aussi su constituer une équipe et recherché des partenaires locaux. « Faire ces courts-métrages répond à un besoin d’expérimenter, mais aussi à une envie de créer une synergie pour que tout le monde s’amuse même si ce n’est pas évident », continue Benjamin. C’est aussi ça la méthode « Popcorn Reborn », avec la volonté qui plus est de former des personnes qui s’intéressent aux différentes étapes de la création d’un court métrage. Tout cela, il faut le souligner, avec des moyens réduits. Avec quelques centaines d’euros, une équipe motivée et le talent de toujours apprendre et continuer même en cas de plantage, les courts-métrages « Popcorn Reborn » ont pu exister.

Sortir du cadre

Proposer son propre remake, version court, du film projeté lors de la soirée est donc un défi à chaque édition. Et malgré les difficultés rencontrées, l’équipe de Popcorn Reborn s’est appliquée à répondre à un rendez-vous avec le public de la soirée. Mais être au service de la soirée à ses limites. Les envies de cinéma en ont moins. « Sur le court "Le sabre et la vengeance", nous avons eu l’occasion de réaliser un court-métrage plus ambitieux, avec plus de temps et de moyens, relate Guillaume, et cette expérience nous a donné envie de dépasser la simple pastille d’avant soirée ». Écrire les scénarios, jouer devant la caméra n’était plus suffisant pour l’un comme pour l’autre, Benjamin, qui suivait son compère caméra en main avant de s’occuper du montage. Cette démarche créative rapide, bien qu’à quatre mains et accompagnée d’une équipe, allait arpenter les chemins du temps long.

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L'équipe du court-métrage Le sabre et la vengeance

C’est, sans doute, une étape de la création cinématographique. Après avoir réalisé des sketches, puis des courts métrages sur quelques jours à peine, le chemin continue vers un autre palier. Prendre le temps de réaliser son court-métrage à quelque chose de forcément chronophage. L’apprentissage cinématographique à la réalisation passe par l’ambition et l’exigence. « Réaliser un court-métrage est une chance, mais c’est énormément de travail alors on souhaitait inscrire notre travail dans une démarche plus professionnelle et le proposer à des festivals » avoue Guillaume. « On ne cherche pas forcément la reconnaissance professionnelle, mais plutôt la satisfaction du public », complète Benjamin. Ce rapport avec le public est justement un sujet essentiel pour les deux hommes.

Le regard du public

« Plus c’est évident à regarder, plus c’est compliqué à faire ». Citation d’un certain Steven Spielberg. Des mots qui font consensus chez Guillaume Méral et Benjamin Deneuféglise. « Projeter ses films au public est nécessaire, car le retour des spectateurs est important » avoue ce dernier même si le regard du public ne perçoit que le résultat final sans se rendre compte de la tâche accomplie. « Réaliser un film est une chance, mais c’est aussi énormément de travail et en trois ans, ils ont été peu nombreux à prendre conscience du défi que ça représente », ajoute Guillaume. Les deux réalisateurs, s’ils ne cherchent pas (encore) la reconnaissance professionnelle, sont en quête de liens avec le public. Comme en témoignent les temps d’échanges après projection lors de chaque soirée. Comme pour accompagner le spectateur dans les coulisses du cinéma pour aller plus loin que cette apparente facilité.

Raconter une histoire à travers un film, c’est aller à la rencontre des autres et c’est justement la volonté des deux jeunes cinéastes à travers Popcorn Reborn. Que ce soit le projet, court ou long-métrage, et récemment d'une Webémission, il s’agit de parler de cinéma, de faire du cinéma et d’aller chercher le regard du public.


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