Critiques

007 – Spectre : Prétentieux et paresseux

L'agent secret au service secret de la vieille rombière est de retour, après un cinquantenaire fêté avec éclat, dans un "Skyfall" éblouissant. La barre était haute pour la reprise du flambeau, et s'il avait juré qu'on ne l'y reprendrait plus, Sam Mendes revient pour réussir un doublé. Hélas, suivant l'adage James Bondien « un film réussi, l'autre, euh… » "Spectre" (distribué par Sony Pictures) manque le coche, par paresse et prétention.

L'équipe cherche à faire de "Spectre" un final explosif à l'ère Daniel Craig, en bouclant la boucle et arrêter enfin les méfaits du grand méchant qui tire les ficelles depuis la partie de Poker contre le Chiffre de "Casino Royale". C'est ambitieux, et une telle volonté narrative du toutéliage est arrivée justement avec le reboot de la saga. Sauf qu'il aurait fallu y penser avant. Cette notion de société de super méchants secrète à la Marvel n'a été évoquée qu'au détour de quelques répliques, et Christopher Waltz n'a donc guère qu'un film pour exister. Alors il a beau nous ressortir son manuel du nazi écrit par Tarantino, encore faut-il qu'on le mette en lumière. Ce génie du mal annoncé arrive donc par la petite porte, disparaît pendant la moitié du métrage, et ne revient que pour une scène de torture digne d'"Austin Powers" tellement elle suinte la parodie, et un plan machiavélique complètement crétin.

Le scénario souffre d'une exposition trop longue et d'un final précipité, symptôme d'un film à l'origine prévu en deux parties et raccourci au final en un seul long métrage de 2h30. Aucun personnage n'a le temps de se développer pleinement, et encore moins l'endive neurasthénique que James se coltine tout le long du film. La romance entre Daniel Craig et Léa Seydoux, pourtant cœur du film, n'est jamais convaincante, là où Eva Green nous vrillait le cœur.

Néanmoins, le film est d'une élégance folle, encore une fois réalisé aux petits oignons, à une ou deux fautes de goût près (ce plan final plus appuyé tu meurs). Dommage que Roger Deakins ne soit pas de retour à la photo, lui qui avait livré l'un de ses meilleurs travaux avec "Skyfall". L'ouverture mexicaine et son plan séquence virevoltant autour de la fête des morts est le morceau de bravoure du film, qui peine vraiment à maintenir ce niveau par la suite. Au moins, les fans canoniques de l'agent secret seront en terrain conquis, le film retournant dans les carcans classiques de la saga, là où "Skyfall" s'autorisait des petites touches téméraires bienvenues (le passé de Bond, le final façon Kevin McCallister soldé par une mort choc).

Avec ce final amenant une vraie conclusion au reboot, il est temps de passer à autre chose et surtout à un autre agent (Idris Elba au pouvoir !). De toute façon, ça ne pourra pas être pire que Pierce Brosnan qui surfe sur une vague en CGI en discutant thermonucléaire avec Denise Richards.

Auteur :David Marmignon
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