19 novembre 2019
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12 Heures : Escale à Narnarland

Où sont passés les road movies brûlants, sensuels et oniriques ("Sailor et Lula"), les thrillers électrifiants ("Volte Face") et les drames poignants ("Leaving las Vegas")? Hein Nicolas ? "12 heures" semble être une des productions parmi les plus indigentes et déplorables de 2013 qui risque bien d'irriter les quelques spectateurs perdus venus croire au retour de Nicolas Cage ! Pour ses retrouvailles avec le réalisateur Simon West ("Les ailes de l'enfer"), Nicolas Cage campe, dans un énième rip-off de "Taken", un père courage censé répondre au kidnapping de sa fille avec pour enjeu dramatique en filigrane un rapprochement père-fille. Quel sentiment de déjà vu n'est-ce pas ?
 
Plus d'une fois, "12 heures" se trouve face à de probables pannes d'inspiration scénaristiques, qui se concluent par des retournements de situations peu probants et inévitablement lassants. En somme, le film est un sommet de comique involontaire : dialogues moisis, personnages grotesques, rebondissements tirés par les cheveux et le meilleur un argument publicitaire à faire frémir  : « trouver dix millions en douze heures pour sauver sa fille ». Bref, un faux film d'action assez navrant voire pitoyable qui multiplie les incohérences et se fiche totalement du spectateur en l'assomant de champs/contrechamps et d'un montage assez miséreux.

Vous entrez donc à vos risques et périls dans la salle. Ennuyeux au possible, surjoué de partout. A croire que l'ensemble du casting s'est lancé un pari à celui qui en ferait le plus. Et, hélas, un nanar de plus pour Nicolas Cage ! Toutefois, le comédien n'en demeure pas moins un acteur charismatique, au talent indiscutable, mais aux choix de carrière discutés qui oscillent entre caricature et génie. Hier dirigé par David Lynch, les frères Coen, Francis Ford Coppola, Alan Parker, Martin Scorsese ou encore Brian De Palma, il reste quand même l'un des acteurs les plus doués de sa génération.
Auteur :Nicolas Vasseur
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