Critiques

24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi : Pour la mémoire

Pour son nouveau film, Alexandre Acardy a décidé de s'attaquer à un sujet tant poignant que sensible, l'affaire du gang des barbares qui fait référence à la mort d'un jeune Parisien séquestré, torturé et puis tué parce qu'il était juif. Ce fait divers s'est déroulé en janvier 2006, dans la région parisienne. Le jeune Ilan Halimi, alors âgé de 24 ans, est enlevé et séquestré pendant 24 jours dans une cave d'une cité HLM de Bagneux, par un gang composé d'une vingtaine de personne, et dirigé par le tristement célèbre Youssouf Fofana. Le film retrace, d'après le livre de Ruth Halimi, 24 jours, la vérité sur la mort d'Ilan Halimi, cette affaire du point vue humain et nous montre la tension éprouvée par la famille tout au long de ce calvaire.

L'action se déroule en grande partie dans les bureaux du 36 quai des Orfèvres autour du père du jeune captif, interprété par Pascal Elbé. Dépassé par la situation il est emprunt à négocier la vie de son fils (avec qui il vient de se rapprocher) avec un ravisseur détraqué, à la limite bipolaire, illustré par Tony Harrison. Le père se retrouve tourmenté entre écouter sa famille, qui lui implore de faire ce que demande kidnappeur, et la police, qui lui conseille de ne pas l'écouter, de prendre le dessus, même si ladite police semble tout aussi perdue que la famille sur cette affaire.

Le commandant Delcour, interprété par Jacques Gamblin, perd progressivement le contrôle de son affaire en omettant certains éléments mentionnés par une mère effondrée, incarné par Zabou Breitman, qui reste quand même debout, tenue par l'espoir de revoir son fils. Tout au long du film, on sent l'angoisse monter, et la peur que le petit fil qui retient la vie de l'Ilan se casse. On ressent une réelle implication des personnages dans cette histoire (pour l'anecdote, pour jouer le rôle d'Ilan Halimi, Syrus Shahidi a dû perdre près de 14 kilos).

Le déroulement du film prend parfois une forme plutôt scolaire. Les actions sont marquées par des fondus au noir, ce qui casse un peu le rythme de l'ensemble. Par moments, on pourrait presque se croire dans une série sur la police scientifique, avec une abondance de gros plans voire de très gros plans sur les principaux personnages. On ressent la détresse et l'emprisonnement de la famille par des scènes se tenant principalement dans des lieux clos (les bureaux du 36 quai des Orfèvres,  les salons de la famille, etc.) et aussi par le recours à une faible profondeur de champ. Cette atmosphère oppressante nous montre que la famille est dans une sorte de prison et de deuil éternel.

"24 Jours" se veut finalement plus un thriller qu'un simple documentaire qui nous apporterait plus d'informations sur cete tragique affaire. Alexandre Arcady veut avant tout nous faire passer des émotions pour qu'on puisse appréhender cette histoire d'une toute autre manière. Le film a donc le mérite de ne pas trop s'attarder sur des scènes violentes, mais il traite plus le coté humain de ce sordide fait divers et nous aide à ne pas l'oublier. Comme l'avait précisé le comédien Pacal Elbé lors de l'avant-première du 31 mars 2014 à l'UGC Cinécité de Lille : « ce film vient marquer notre histoire d'une pierre noire ! »

Auteur :Younes Touil
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