25 octobre 2020
Critiques

47 Ronin : Projet trop peu abouti

Carl Erik Rinsh propose son premier long métrage en s'inspirant d'une vieille légende de l'histoire japonaise, qui elle-même repose sur un fait réel. On y retrouve Keanu Reeves dans un film de samouraï qui respecte les codes du genre sans avoir de supplément d'âme.

Après avoir connu la gloire dans la trilogie "Matrix", Keanu Reeves fait son grand retour en tête d'affiche d'un film ambitieux. En quelques mots, "47 Ronin" raconte l'histoire de Kai (Keanu Reeves) qui va se joindre aux 47 rônin (des samouraïs sans maître), qui veulent restaurer leur honneur en vengeant la mort d'Asano, leur maître. Si ce film a, jusqu'à présent, eu peu d'écho ou du moins peu d'échos positifs, c'est parce que son parcours jusqu'au spectateur n'a pas été facile. Cela a commencé par un tournage chaotique empoisonné par un conflit entre le réalisateur et Universal, puis plusieurs scènes ont été réécrites et retournées par le studio pour aboutir à un montage sans fin et explosion du budget. S'ajoute à cela un échec commercial avec les flops successifs aux box offices américain puis asiatique et vous obtenez un film qui arrive en France en catimini.

Si tout laissé entrevoir un véritable désastre cinématographique, cette histoire d'amour impossible au milieu d'une horde de samouraïs à la recherche de vengeance offre un rendu relativement correct. Malheureusement il souffre d'un manque cruel d'intérêt dans un récit bien trop classique et une réalisation pas vraiment spectaculaire. Difficile de dire si ce long métrage avait vraiment l'ambition d'être destiné aux salles obscures. Plusieurs éléments mettent en évidence ce manque d'ambition pour une production pourtant signée de la major Universal. Son scénario d'abord manque clairement de rythme et parait bien trop classique pour un film de Samouraï dont il existe quelques références récentes ("Le Dernier Samouraï" avec Tom Cruise pour ne citer que ça). Puisqu'il s'agit d'évoquer un acteur, le choix de Keanu Reeves parait comme une option un peu « cheap ». L'acteur américain a bien du mal depuis quelque temps à sortir d'une petite traversée du désert. L'ancien élu des frères Wachowski fait pourtant le boulot mais à l'image du film, il souffre d'un personnage bien terne. C'est néanmoins l'amorce d'un retour pour l'acteur qui a une année 2014 bien remplie.

 Il n'en reste pas moins que "47 Ronin" a clairement des limites. S'il s'avère honorable compte tenu des nombreuses difficultés rencontrées, le film de Carl Erik Rinsh peine à distraire son public. Trop classique, pas assez captivant et sans réelle qualité visuelle, ce film semble plutôt être une production destinée à l'exploitation en DVD mais à laquelle on a voulu faire franchir le pallier des salles obscures sans s'en donner réellement les moyens.

A en croire son réalisateur, ses ambitions personnelles portaient sur une fresque à hauteur d'un Seigneur des anneaux nippon… Une comparaison très loin d'être flatteuse à la vue du résultat final proposé par le cinéaste et le studio partenaire. Il y a de bonnes intentions, certes, mais c'est loin d'être suffisant.
Auteur :François Bour
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