Critiques

96 Heures : Le compte à rebours est lancé

Gérard Lanvin et Niels Arestrup se retrouvent pour la première fois au cinéma dans "96 Heures" (distribué par ARP). Le cinéaste Frédéric Schoendoerffer les réunit dans un huit-clos sombre et inquiétant. En effet, me réalisateur de "Switch" a fait le pari de réunir deux acteurs charismatiques dans un même plan. Lanvin et Arestrup se retrouvent ainsi dans un polar où le truand retient un chef de brigade dans sa grande maison aux couleurs froides. Cependant, "96 Heures" allie aussi western, famille et tragédie.

D'après un scénario original de Simon Michaël, le cinéaste rythme une oeuvre pourvue de quelques incohérences. Néanmoins, la prestation des acteurs et la mise en scène sont fortes et intéressantes. Le spectateur n'est pas déçu par les seconds rôles féminins : Sylvie Testud, Anne Consigny et Laura Smet. Ces drôles de dames permettent de sortir de ce duo infernal et d'avoir un autre point de vue de l'histoire. Petit bémol pour une Testud sous-estimée. Dans ce rôle de « fliquette », elle n'arrive pas à rejoindre le niveau des autres protagonistes.

« Evoluer, c'est avoir de bons partenaires » a déclaré Gérard Lanvin au sujet du film dans le cadre de l'entretien qu'il nous a accordés et que vous pouvez découvrir ci-dessous. Or, "96 Heures", c'est avant tout la prestation magistrale de Niels Arestrup. Il l'enchaîne les rôles depuis "Un Prophète" de Jacques Audiard. Cet acteur est totalement imprévisible. Son charisme et sa voix nous emportent et apportent une grande précision dans son jeu. Il incarne véritablement un homme rongé par la vengeance.

Face à un Lanvin déterminé, il tient le rôle du mafieux et montre toute sa palette de comédien chevronné et reconnu. On notera notamment son côté « réservé » comme dans "Quai d'Orsay" et ses crises de colère. Avec son ami, il a beaucoup préparé son rôle et ne laisse aucune place à l'improvisation. Niels Arestrup arrive de fait à intégrer sa personnalité dans un personnage authentique. Pour exemple, il voulait tourner avec ses propres vêtements.

Pari gagné donc puisque "96 Heures" est un bon polar. Poignant, ce film ne vous laisse aucune minute de répit.

Auteur :Joris NaessensTous nos contenus sur "96 Heures" Toutes les critiques de "Joris Naessens"

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