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Adèle Blanc-Sec : Une adaptation réussie

Le scénario est adapté depuis les quatre premiers tomes : Adèle et la Bête, Le Démon de la tour Eiffel, Le Savant fou et Momies en folies.Le « nouveau film de Luc Besson », le « premier premier rôle de Louise Bourgoin », un « film d'aventure familial ». Les qualificatifs ne manquent pas pour parler d'« Adèle Blanc-Sec », adaptation de la bande dessinée de Tardi. C'est ce qui s'appelle une sacrée demoiselle !

Adèle Blanc-sec, journaliste intrépide et qui n'a pas la langue dans sa poche, est aussi une aventurière chevronnée. Dans la France de 1912, voilà qui a de quoi choquer. Vu qu'elle n'hésite pas à faire de l'ironie, même avec les hommes, elle est l'enquiquineuse en titre, à la fois enviée et redoutée. Ses expéditions aux quatre coins du globe font pourtant les beaux jours de son journal, de la maison d'édition qui publie ses aventures et des musées de Paris. Un tombeau en Égypte ? Même pas peur. Adèle s'essaye, avec corset et classe, à l'archéologie. Les momies et les oiseaux de mauvais augure ne lui font pas peur, elle le prouve encore une fois. Indiana Jones n'a qu'a bien se tenir. Au même moment, ou presque, au Jardin des Plantes de Paris, une autre antiquité est au coeur du débat. Un oeuf préhistorique qui éclôt, un ptérodactyle qui se balade au-dessus de la ville...

Étonnant, non ? Certes... Les premières images des Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec nous en mettent déjà plein les yeux. Besson fait donc sienne une héroïne imaginée par le dessinateur Tardi dans 7 volumes, dans lesquels le réalisateur pioche allégrement pour mieux instaurer un univers. Et quel univers ! Entre le fantastique pur (un ptérodactyle tout de même) et la reconstitution historique. Le Paris de 1912, Luc Besson s'en empare, et en fait son terrain de jeu. Un terrain de luxe, permis par les effets spéciaux des Français de chez Buf. Et ils ont eu du boulot...

Si les voitures utilisées par l'équipe étaient vraies, il a fallu gommer les buildings, effacer les panneaux, faire disparaître les passants. Et le résultat est assez bluffant. Mis en lumière par Thierry Arbogast (fidèle complice de Besson depuis Nikita), le « décor » est à la fois fantaisiste et historique, un bon cadre de BD. Un cadre dans lequel Luc Besson plante une histoire de fratrie, d'émotion, pleine de rires, de larmes, de dangers, et emplie de personnages hauts en couleur. Tardi les avait dessinés presque caricaturaux, conformément aux standards de l'époque, Besson s'amuse donc à camoufler ses acteurs sous les trucages. Mathieu Amalric est méconnaissable (jusqu'à ce qu'il fasse entendre son timbre de voix), Gilles Lellouche itou, sans parler de Jacques Nercessian ou Philippe Nahon...

Et puis il y a Adèle, bien sûr. Pour son premier premier rôle, Louise Bourgoin a fort à faire. Faire exister une femme moderne, une héroïne forte et déterminée comme Besson sait si bien les mettre en scène. Un personnage à la limite de l'anachronisme parfois, mais toujours en finesse, que la comédienne interprète avec justesse. On aimerait juste, parfois, qu'elle s'amuse un peu plus, qu'elle nous emporte avec enthousiasme à sa suite. Mais ces aventures, fantastiques, drôles et menées tambour battant, méritent néanmoins amplement le détour, le coup d'oeil en famille, pour sortir du cinéma avec la pêche !
Auteur :Fadette Drouard
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