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After Earth : Moyen sans être évitable

Will Smith passe le flambeau dans "After Earth". En effet, dur d'échapper à l'air de famille sur l'affiche, Will et son fils Jaden nous offrent leur premier film ensemble (et d'ailleurs quasi seuls) en tant qu'acteurs adultes (Jaden avait déjà joué aux côtés de son père dans "A la recherche du bonheur"). Un film où les deux Smith vont essayer de se dépasser dans des rôles pas forcément évidents. Le tout enveloppé dans un scenario signé Gary Whitta et réécrit par Night Shyamalan, capable du pire ("Phénomènes", "Le dernier maître de l'air") comme du meilleur ("Sixième sens", "Incassable"). On assiste au final à un film moyen, qui se laisse regarder sans réelles surprises.

La première chose qui pêche, c'est le scénario de "After Earth" qui est d'une linéarité et d'un prévisibilité assez assommantes par moment, et ce manque de surprise se mêle difficilement à l'alternance des plans très contemplatifs et des scènes d'action parfois forcées. Cela dit, on retrouve un peu d'intérêt dans une histoire sous-jacente, muée par un non-dit qui gangrène la relation père/fils, et qui, elle, offre les quelques rebondissements nécessaires au film. Un fil conducteur qui, lui, renoue avec les premiers succès de Shyamalan, tout en détail et en non-dits, et contraste avec le rythme hypnotique et plat de l'action. Ceci précisé, même si il permet d'explorer la relation des deux personnages principaux et de donner une profondeur qui aurait franchement manqué au scenario, il ne va malheureusement pas très loin et on aurait aimé creuser un peu plus loin un des seuls intérêts de "After Earth".

On en arrive donc au second bémol du film : le jeu d'acteur bien trop irrégulier. En effet, alors que Will Smith offre une prestation inattendue dans un rôle inhabituel pour lui, celui d'un militaire avec le minimum syndical d'émotion, le rôle principal de "After Earth" revient cette fois ci à son fils, Jaden. Les deux acteurs se voient donc attribuer des rôles plus matures, mais alors que l'expérience de Will lui permet de s'en sortir assez bien à l'aide d'un jeu minimaliste où tout passe par le regard, Jaden a un peu plus de mal à suivre et peine à être convaincant dans ses émotions. Voilà un problème majeur quand on sait qu'il représente à lui seul le capital émotion du duo. Un manque à imputer à son manque d'expérience et de maturité (il ne faut pas oublier que Jaden n'a que 14 ans) face à un rôle différend et pas forcément évident à maîtriser, d'autant plus que le scenario et les plans basés très souvent sur des dialogues minimalistes demandent un jeu d'acteur impeccable. Un problème qui ne tue pas le film, mais qui, du coup, ne sauve pas la platitude de l'intrigue et de l'action.

Pour le reste, on retrouve les codes convenus du blockbuster américain basique, avec une formule vedette/effets spéciaux/happy-ending (pendant cinématographique du entrée/plat/dessert) et, au final, sans être totalement révolutionnaire du genre, le film se laisse regarder sans trop de soucis et permet à Will Smith de passer le flambeau à son fils, pour la première fois s'effaçant à l'arrière-plan et laissant Jaden aux commandes. Le flop qu'a connu "After Earth" Outre-Atlantique est compréhensible étant donné que Shyamalan avait redonné espoir à son public du début, mais est loin de mériter l'appellation "bouse certifiée" et/ou un encensement aveugle...

Auteur :Axel DauvergneTous nos contenus sur "After Earth" Toutes les critiques de "Axel Dauvergne"

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