28 octobre 2021
Critiques

Albator corsaire de l’espace : Critique

Le père Noël a du souci à se faire... « Albator, Albator, capitaine au coeur d'or ». Le refrain, merci Eric Charden, maintes fois braillé lors de soirées très « régressives » tourne boucle dans mon cerveau. C'est d'un pas guilleret que je me suis rendu à l'avant-première exclusive d'"Albator" (en VOSTF) sans soupçonner que je m'apprêtais à prendre une des « claques cinématographiques » de l'année. Faisant fi de mes appréhensions nées de précédentes, et désastreuses, tentatives d'adaptations des dessins animés de mon enfance sur grand écran tant la gageure de passer d'un format de 12 minutes à 90 minutes n'est guère couronnée de succès ces dernières années, je me réjouissais d'avance.

Dès les premiers instants de cet objet cinématographique dont James Cameron dit qu'il est « mythique, épique et visuellement sans précédent », j'ai bien vite compris que ma régression et mes fantasmes de cosplayer n'étaient guère de mise. Même en 2D, problème technique, cet "Albator" là est un puissant pirate qui dévaste tout. Intégralement réalisé en image de synthèse d'une telle qualité qu'on en oublie même parfois qu'il s'agit bien là d'un film d'animation, "Albator 2013" n'a pas grand chose à voir avec celui qui a bercé l'enfance de générations de quadragénaires.

Si le pitch ne brille pas par son originalité (la terre défendue coûte que coûte par Albator victime d'espionnage au sein même de son équipage par l'oligarchie intergalactique), les rebondissements, et interrogations amenés par le scénario sont d'agréables surprises et nourrissent les presque 2h avec talent à grands coups de noeuds du temps et d'illusions holographiques. Au final, une intrigue à la David et Goliath matinée de doutes et de trahisons ô combien digne d'intérêt judicieusement ponctuée de batailles intergalactiques et de téléportations de bon aloi. Difficile ici de bouder son plaisir, on bascule allègrement du registre de l'animation, souvent parent pauvre des scenari, à celui de la science-fiction de très haut vol.

Noir, très noir même, notre Albator n'a peut-être pas ce fameux « coeur d'or » qu'on lui prête et se situe très loin de notre ambition régressive, mais c'est tant mieux. Juste peut-on un peu regretter le côté « philosophicopontifiant » de certains dialogues pour qui n'est pas féru nipponophile. A n'en pas douter, au pied du sapin de Noël de votre cinéma préféré (sortie annoncée le 25 décembre), "Albator, Corsaire de l'Espace" risque de s'imposer bien vite comme une nouvelle référence incontournable pour les amateurs du genre et sans doute convertir au genre nombre de crédules.

Auteur :Sylvain LefèvreTous nos contenus sur "Albator corsaire de l'espace" Toutes les critiques de "Sylvain Lefèvre"

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