Critiques

Alex, le destin d’un roi : Une aventure post Brexit

Critique du film Alex, le destin d'un roi

par Alexa Bouhelier-Ruelle


Il y a déjà eu quelques films culte sur la légende du Roi Arthur tels le magnifique "Excablibur" de John Boorman et l'impayable "Monty Python Sacrée Graal !". Des exceptions. Car, le plus souvent, ces films résultent en massacre, comme le dernier essai de Guy Ritchie consacré au "Roi Arthur". Voici maintenant que sort le nouveau film de Joe Cornish, "Alex, le destin d'un roi".

"Alex, le destin d'un roi" ressemblerait presque à une production Amblin, qui revisiterait la légende du Roi Arthur. Observons que "Alex, le destin d'un roi" n’est pas le premier film présentant un groupe de jeune adolescents qui essai de sauver le Royaume-Uni des forces du mal.

En parlant de Disney, Joe Cornish emprunte moins à la littérature médiévale qu’au classique d’animation de Disney ("Merlin l’enchanteur" en 1963). Ce dernier qui, lui-même, s’inspirait déjà de l’adaptation de l’œuvre de T.H. White : « La Quête du Roi Arthur ».

Avec sa bande-originale digne de jeux vidéo vintage et son atmosphère rappelant "Les Goonies", le film joue avec la nostalgie des films d’aventure que produisait Steven Spielberg dans les années 80. Cependant, "Alex, le destin d'un roi" est un peu plus chaotique, car le but n’est pas de voir Alex accéder au trône à la fin. C'est un fait acquis : à défaut de leader politique, la Grande-Bretagne possède bel et bien une famille royale.

Le film souffre donc de la plume un peu lourde de Joe Cornish. En effet, la majeure partie du scénario est révélée à travers de longs dialogues entre les personnages. Celui d’Alex relève du jeune homme tout ce qui a de plus normal. Alors qu’il a grandi sans père, il est possible qu’Alex soit le descendant du Roi Arthur. C’est donc sur cette supposition que tout le film est basé.

A l’inverse de l’auteur T.H. White cité ci-dessus, Joe Cornish décide de faire de son héros un être somme toute banal. C’est une décision bienvenue. Et une tendance qui traverse des films comme "Les Derniers Jedi" voire même "Glass".

Louis Ashbourne Serkis (fils du pionnier de la motion capture Andy Serkis), fait un travail remarquable étant donné le personnage qui lui a été offert. Des fois, on aimerait tout simplement qu’il parle moins et qu’il se batte un peu plus.

De son côtés, Rebecca Ferguson interprète la Reine Morgane. Un personnage qui s’apparente beaucoup à la méchante la plus célèbre des films Disney : Maléfique. Dans cette parodie du Brexit, Ferguson nous donne à voir une des meilleures imitations de Theresa May.

Le seul protagoniste qui vaille réellement le détour dans "Alex, le destin d'un roi" est finalement celui de Merlin. Un sacré mélange des genres, littéralement. La plupart du temps il apparait sous les traits de l’acteur britannique Angus Imrie. Merlin peut se transformer aussi en chouette quand il le désire.

Et, par moments, il prend les traits de Patrick Stewart, qui, en à peine trois scènes, booste la crédibilité du film vers d’autres horizons. C’est son personnage qui introduit aussi une partie plus magique et les moments les plus drôles du film.

Joe Cornish met en scène d’énormes séquences d’action qui n’ont pas grand-chose à faire dans ce film, mais qui colleraient parfaitement dans une production à plus gros budget.

En conclusion, Joe Cornish a tout simplement revisité la légende du Roi Arthur à sa sauce. Pour transposer cette histoire dans un environnement anglais post-Brexit. Ce qui est en théorie une bonne chose. Toutefois, cette transposition hardie s’avère plus compliquée qu’à ce qu’il n’y parait. Surtout quand le film est ralenti par des dialogues d’exposition beaucoup trop nombreux.

"Alex, le destin d'un roi est principalement ciblé pour une audience très jeune. Cependant, atteignant rapidement les deux heures, il sera dur de garder l’attention de ces spectateurs. Les moins patients vont avoir du mal à tenir en place...


Tous nos contenus sur "Alex, le destin d'un roi"
Toutes les critiques de "Alexa Bouhelier Ruelle"

ça peut vous interesser

Alien en 4K pour ses 40 ans

Rédaction

Mon inconnue : Une Rom-com française tendre et fantastique

Rédaction

Dernier amour : Je t’aime moi non plus

Rédaction