24 septembre 2021
Critiques

Alien, le huitième passager : Une référence inégalée

A la fin des années 70, la science-fiction et le fantastique provoquent un véritable engouement chez le public. Ainsi des mythes comme "Star Wars", "Star Trek", "Superman" ou "Mad Max" prennent vie sur le grand écran. Un autre vient s'ajouter à eux, créé par un réalisateur issu du spot publicitaire et auteur des fabuleux "Duellistes" (1977) : ce sont Ridley Scott et son "Alien". Avec un certain brio, le cinéaste choisit de faire cohabiter la science-fiction et l'épouvante car il faut bien reconnaître que son film constitue un monument d'angoisse avec son slogan désormais légendaire.

 "Alien" se déroule dans un espace clos où l'on évolue dans les couloirs labyrinthiques du Nostromo avec les membres d'équipage : l'atmosphère y est suffocante jusqu'à devenir suintante. La terreur se présente dans chaque recoin du vaisseau puisque la menace est latente. La mise en scène met les nerfs à rude épreuve car le suspense est savamment entretenu : le cinéaste met son sens de l'esthétisme au service de l'histoire et compose un subtil jeu de lumières où la peur est nourrie par l'obscurité.

Tout comme Steven Spielberg pour "Les dents de la mer", Ridley Scott prend le parti de ne dévoiler son prédateur que dans les derniers instants ou lors d'un gros plan sur une double mâchoire en acier qui annonce la mort atroce d'un ouvrier. L'Alien apparaît comme l'ennemi sans visage, celui dont la silhouette androgyne et la structure biomécanique (imaginée par le peintre suisse Hans Rudi Giger) lui permettent de se confondre comme un caméléon parmi les tuyauteries du cargo. Sorte de reptile muni d'une carapace d'insecte, il tue et traque ses proies par instinct sanguinaire. La tension progresse insidieusement car l'échappatoire semble être sans issue. Nombreuses sont les scènes qui suscitent toujours autant de vives émotions : l'exploration de l'épave inconnue, l'ouverture de l'œuf, la première apparition de la créature ou la chasse dans les conduits d'aération conservent tout leur potentiel.

L'autre argument de poids réside dans une distribution pourvue de solides interprètes : Tom Skerritt, Harry Dean Stanton, Yaphet Kotto et l'inquiétant Ian Holm, comédiens habitués aux seconds rôles trouvent ici leur pleine mesure. Mais surtout, on retiendra la révélation Sigourney Weaver qui forge son image d'héroïne emblématique, loin des archétypes féminins. Le mythe Ripley est en marche. Seul petit bémol : les maquettes dans les plans extérieurs paraissent désormais datées à l'instar de certains effets spéciaux de la série "Cosmos 1999". En outre, "Alien" remporta en 1980 un Oscar mérité pour ses effets visuels.

Hormis ses trois suites plus un crossover ("Alien Vs Predator"), ce premier épisode demeure une référence inégalée qui a donné naissance à de multiples ersatz. Ridley Scott mettra de nouveau à profit son art d'esthète pour "Blade Runner", chef d'œuvre de réflexion sur l'intelligence artificielle.

Auteur :Fabien Rousseau
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