25 juillet 2021
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Anges et Démons : Bien meilleur

Lapidés à Cannes il y a trois ans avec "Da Vinci code", Ron Howard et Tom Hanks nous reviennent (mais pas en ouverture du festival) avec une suite qui n'en est pas une, puisque les évènements décrits dans "Anges et Démons" sont antérieurs à la calamiteuse aventure parigote de ce cher Robert Langdon. Des considérations temporelles qui n'ont que bien peu d'importance, étant donné que le seul point commun des deux films est ce héros inébranlable, toujours bien peigné même lorsqu'il frôle la mort, et dont l'évolution psychologique est absolument inexistante (alors que son évolution capillaire est foudroyante).

En revanche, l'important, c'est que "Anges et Démons" est un bien meilleur film que "Da Vinci code". Allons même plus loin (car être meilleur que "Da Vinci code" s'apparente à être moins chauve que Kojak ou plus honnête que Patrick Balkany, soit l'évidence même) : c'est un divertissement, certes pas révolutionnaire, mais plutôt charmant à suivre, deux heures dix d'une course contre la montre pas haletante mais en tout cas pas ennuyeuse.

Si Ron Howard n'est toujours pas un grand metteur en scène, pas plus qu'un grand metteur en images (quelques scènes en fin de film faisant subsister l'espoir), il faut bien reconnaître que sa dernière pondaison est plutôt bien fichue parce qu'assez excellemment rythmée. Plus que le monteur, c'est le scénariste qu'il convient d'applaudir : monsieur David Koepp, spécialiste des cas désespérés, est cette fois venu prêter main forte au mauvais Akiva Goldsman, dont la filmographie est pour le moins édifiante. Sous sa plume, le pavé de Dan Brown a visiblement subi un vrai travail d'adaptation : coupé, réarrangé, resserré pour ne pas risquer de saturer ou affliger le spectateur comme l'avait fait "Da Vinci code".

De fait, on n'a guère le temps de bailler tant les péripéties s'enchaînent avec une relative fluidité. Relative car seul Langdon (Hanks, assez à l'aise) semble comprendre les rouages de la machination complexe qui se trame et à saisir le sens des indices obscurs s'offrant à lui dans diverses lectures et œuvres d'art éparpillées dans Rome. C'est ce qui empêche le film d'être réellement addictif, alors que sa courte unité de temps (une demi-journée, avec la menace de voir un cureton mourir toutes les heures) aurait pu en faire un "24" version grand écran : on ne pige pas tout et on en vient à lever les yeux au ciel lorsque le héros, en traçant quelques points au marqueur sur une carte, parvient à trouver le lieu du prochain crime.

Qu'à cela ne tienne : étrangement, on en vient à se moquer complètement du manque de crédibilité de cette jolie promenade romaine qui offre son lot de morceaux de bravoure assez bien foutus. Notamment dans la dernière demi-heure, la meilleure du film, qui nous réserve une série de rebondissements et de révélations dont seul Dan Brown a le secret. La scène de la simili-apocalypse, avec le ciel brillant de mille feux, est grandiose car excessive en diable et parfaitement tirée par les cheveux. Le twist final autour des tenants et aboutissants de l'affaire (Illuminati, camerlingue et tutti quanti) est lui aussi réussi : absolument hénaurme, mais servi avec une bonne foi et une efficacité qui pourraient presque laisser admiratif.

Agaçant et pas franchement profond, "Anges et Démons" (distribué par Sony Pictures) brille surtout par comparaison avec un "Da Vinci code" qui ratait consciencieusement toutes ses scènes-clés et gâchait son potentiel de grand-guignol. Celui-là assume pleinement son statut de blockbuster moyennement futé, et c'est sur cet aspect qu'il semble plutôt réussi.

Auteur :Thomas Messias
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