22 septembre 2021
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Anges et Démons : Sans surprise

Alors que Ron Howard recevait, il n'y a même pas deux mois, les félicitations d'une grande partie de la presse pour "Frost/Nixon", celui ci rempile directement avec "Anges et Démons", préquelle du roman qu'il avait déjà adapté à l'écran : "Da Vinci Code". Malgré un bide artistique pour le premier opus, le film avait tout de même trouvé son public et réalisé un chiffre au box-office plus que convenable pour les producteurs. Il n'est donc pas étonnant de voir débouler sur nos écrans, presque trois ans plus tard jour pour jour, "Anges et Démons", premier roman de la trilogie littéraire "Robert Langdon", écrit par Dan Brown. Ce qui est certain, c'est que Ron Howard est une personne qui n'a pas l'air d'apprendre de ses erreurs. Les même bourdes commises dans "Da Vinci Code" sont réitérées dans "Anges et Démons".

On retrouve le même type de dialogues plats qui, au lieu de susciter la moindre tension, provoque un léger rictus pour le spectateur, le déroulement de l'enquête, qui doit être faite dans un temps record, est totalement prévisible qu'on ai lu le livre ou pas, les reproductions en images de synthèse du Vatican sont d'une laideur innommable, et les acteurs sont tous plus ridicules les uns que les autres alors qu'on a quand même deux pointures dans le casting : Ewan Mac Gregor, qui avait jusque là une carrière exemplaire, n'est absolument pas crédible dans son rôle de bras droit du pape, et Tom Hanks est tous sauf charismatique dans son rôle de sémiologue.

Pour éviter un échec total Ron Howard essaie de donner une dimension morale à son film en lançant sur la table l'éternel débat entre science et religion, présent ici à cause de l'implication des méchants illuminati qui veulent détruire la gentille Eglise catholique. Toutefois, comme le reste du film, ce débat est trop peu poussé pour éviter de paraître trop intellectuel et risquer de ne pas récupérer le quota de mangeurs de pop-corn requis dans les salles.

Il est quand même important d'éduquer ces chers spectateurs et, entre chaque scène, notre sémiologue préféré nous fait un petit cours d'histoire ressemblant plus à un guide pour gagner à "Question pour un champion" plutôt qu'à de vraies révélations qui auraient fait d'"Anges et Démons" un pamphlet intéressant sur le fonctionnement de l'Eglise qui n'est rien d'autre qu'une structure politique comme toutes les autres. Au lieu de ça, on a le droit à une espèce de chasse au trésors, allant de signe en symbole, ce qui fait de ce film une sorte d'épisode de la saga "Benjamin Gates", mais cette fois ci pour un public un peu plus adulte. En plus de cela, l'attitude sérieuse du réalisateur et des producteurs nous fait comprendre qu'"Anges et Démons" n'est en rien une blague et qu'ils en sont très fiers.

Plutôt dommage car la seule chose agréable du film est son fort potentiel à être un navet, mais ce charme est enlevé par toute la communication faite autour. Finalement, Ron Howard est un cinéaste difficile à cerner. Capable du meilleur comme du pire, il n'atteindra sûrement jamais la postérité hollywoodienne. Peut être qu'à force d'être aussi bien intégré à la machine celui ci n'est plus qu'une marionnette entre les mains des producteurs, et un éclair de lucidité lui revient des fois et il nous pond alors un film à Oscars.

En tout cas, "Anges et Démons" (distribué par Sony Pictures), en dehors d'être un film très moyen, correspond à nos attentes et est un exemple parfait d'un cinéma pop-corn qui, en dehors des coups de pub, a beaucoup de mal à se ré-inventer.

Auteur :Florent Capoen
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