22 février 2019
Critiques

Annabelle 2 : la Création du Mal : Annabelle conjurée

L'exercice du préquel est probablement la solution de facilité la moins facile au monde. C'est typiquement le genre de carte que vous sortez quand vous ne savez pas quoi raconter mais que vous avez le plus de chances de foirer. Preuve en est avec le premier "Annabelle", préquelle de l'excellent "Conjuring" de James Wan. Tout le monde s'intéressait à la poupée, ce qui n'a pas empêché Leonetti de passer complètement à côté de son sujet.

La poupée était-elle vouée à rester cloîtrée dans le placard des films d'horreur médiocres ? En principe, oui. C'est ce qui aurait du arriver si David F. Sandberg n'était pas passé par là pour nous livrer un préquel au préquel. Exactement, c'est une préquelception.

Comme son nom l'indique, "Annabelle 2" nous fait découvrir les origines de la poupée. Comme d'habitude, il s'agira d'une histoire de deuil, de pacte avec le mal et autres charlataneries satanistes. Si l'histoire sentait le manque d'originalité à des kilomètres, le cadre aurait pu apporter un certain charme. Il faut dire que les années 30 (à vue de nez) ont le mérite de ne pas revenir dans le genre tous les quatre doigts. Sauf que, encore une fois, ce n'est qu'un prétexte. Un prétexte pour servir la mise en scène léchée de Sandberg.

On sait tous que ce qui fait le sel du cinéma d'épouvante... C'est l'épouvante, n'est-ce pas ? Si le premier "Annabelle" se vautrait sur toute la ligne en enchaînant cliché sur cliché avec en prime une photographie quelconque, "Annabelle 2" est témoin d'une montée en gamme impressionnante. Plans travaillés, photographie à tomber, jeux de lumière convaincants. C'est qu'il aurait plutôt bien appris de James Wan ce petit Sandberg !

Le déroulement est classique mais les scènes restent d'une efficacité impressionnante, jouant toujours sur ce qu'on ne voit pas pour effrayer. Et ça marche. Les jump scares sont bien présents, cependant ils sont suffisamment bien dosés et placés pour garantir de vrais sursauts. Entre ces jump scares, le malaise provoqué par les personnages et la lumière suffisent à instaurer une ambiance pesante, pour ne pas dire malsaine. Notez par ailleurs que le casting du film est essentiellement féminin. C'est toujours bienvenu dans un genre historiquement connu pour ses héroïnes fortes.

Combien de chances avions-nous de tomber sur un film d'épouvante réussi ? Aucune (ou presque). Malgré de très maigres espoirs, David F. Sandberg livre ce qu'aurait dû être le premier "Annabelle". A défaut d'arriver en premier, il rattache parfaitement les wagons à la locomotive et nous donne de nombreuses pistes pour développer le Conjuringverse (appelons-le comme ça). Un profil à surveiller de près !
Auteur :Alexandre Dupret
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