22 septembre 2020
Critiques

Antebellum : Cauchemar américain

Par Alexia Graziani

Gerard Bush et Christopher Renz, signent leur premier long métrage "Antebellum" (distribué par Metropolitan Films), un thriller horrifique intelligent sur fond de critique du racisme. Il faudra surement garder un œil sur ces deux réalisateurs assez prometteurs.

Une remarque préalable : "Antebellum" est produit par Sean McKittrick, producteur de Jordan Peele sur ces deux derniers longs-métrages "Get Out" (2017) et "Us" (2019), ce qui crée une certaine attente de la part du spectateur, on pourra en convenir. Finalement, nous ne sommes pas déçus.

Thriller politique ?

A l’instar de Jordan Peele, Gerard Bush et Christopher Renz s’approprient les codes du thriller horrifique pour appuyer un propos politique. Ici, la question de l’esclavage et de la condition de la femme noire à l’époque moderne est au centre du discours. Toutefois, les deux compères n’en restent pas là et n’hésitent pas à piocher ailleurs pour agrémenter leur propos. On pense notamment à la puissante série "The Handmaid’s Tale" qui a surement beaucoup inspiré le scénario du film. On retrouve le même schéma de la dystopie : une communauté nostalgique de la Guerre de Sécession décide d’enlever des hommes et des femmes d'origine afro-américaine afin d’en faire leurs esclaves dans leur nouvelle société.

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Janelle Monáe et Kiersey Clemons - Copyright : Metro Films
Une construction maladroite

Un des aspects dommageable du film est sa construction qui, malencontreusement, altère son appréciation. Pour résumer, on peut découper "Antebellum" en trois parties : deux premières qui sont nécessaires à la compréhension de la suite de l'ensemble au cours desquelles des indices sont égrenés au fil du temps. Et une troisième partie où toute l’intrigue nous est finalement dévoilée. C’est à ce moment-là que l’on apprécie l’intelligence du long-métrage. Malheureusement, les deux premiers volets sont trop longs, avec des personnages qui ne servent pas à grand-chose puisqu’ils ne sont pas approfondis voire inexistants (heureusement que Janelle Monáe est présente pour au moins apporter de vie au personnage principal) et des scènes qui laissent le sentiment d’avoir été ajoutées pour atteindre les 1h40 nécessaires pour obtenir un long-métrage digne de ce nom.

Ajouté à cela la question de la classification des films. En effet, classer ce film dans la catégorie horreur lui porte plus préjudice qu’autre chose. Résultat, on vient voir "Antebellum" pour se faire peur et on en ressort quelque peu déçu(e)s car les sursauts ne sont pas au rendez-vous. Ainsi cette frustration doublée d'un légitime mécontentement empêchent d’apprécier "Antebellum" tel un film intelligent marié à une efficace critique politique et sociétale.

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