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Assaut sur le central 13 : Critique

Voici venu le temps, le temps du printemps, quoiqu'il soit un peu en retard cette année, et celui des remakes avec "Assaut sur le central 13" (distribué par Metropolitan) ! Eh oui, dernière bavure en date, le voici le voila, il s'agit, et il arrive en trombe, marketing à l'appui, de la relecture du magistral, cultissime, incomparable "Assault" de John Carpenter. Et qui de mieux pour diriger l'affaire que Monsieur "Ma 6-T va craquer" alias Jean-François Richet.

Hélas, trois fois hélas ! Tout d'abord, un remake est un risque à prendre. Ensuite, rivaliser avec un Carpenter relève de la pure folie. Carpenter jouait sur le hors champ, la non-identité des assaillants, la complicité silencieuse flic-voyou, les jeux de lumières saturés, etc. C'est donc sans remords que je mets à la poubelle cet "Assaut sur le central 13" tout comme son nouveau réalisateur.  Le point de départ de cette nouvelle version est le suivant : un mafieux notoire, campé par un Laurence Fishburne roublard à la gueule de bois, est transféré au commissariat numéro treize pour le réveillon de l'an 2000. Et curieusement, il neige. Sans tarder, Richet expose ses personnages : le malfrat est innocent, c'est un témoin important; le flic a des remords et se drogue aux anti-dépresseurs; sa psychologue est maniaco-compulsive et, cerise sur le gâteau, il y a une taupe dans le groupe.

Exceptée une introduction qui explique (encore une fois, nous sommes gavés d'explications, écervelés que nous sommes) comment Hawke perd ses co-équipiers lors d'une opération, le réalisateur, bien de chez nous, s'efface complètement derrière une seconde équipe qui semble prendre le relais. Ceci rappelle une affaire similaire : Kassovitz à Hollywood, courbant l'échine devant les studios et nous livrant une commande intitulée "Gothika". Ou encore Pitof catapulté sur "Catwoman" et exécutant ce qu'on lui demande. Et si après le football, ce serait au tour du cinéma international de nous piquer nos hexagonaux ?  Quant a l'interprétation, Gabriel Byrne, le grand méchant, comme tant d'autres dans ce film, tire le faciès d'un acteur qui aurait signé de force un contrat peu gratiné ("mais qu'est-ce que je fous là ?"), une attitude de comédiens qui contamine de plus en plus ce genre de production. En d'autres termes, le strict minimum que l'on est en droit d'espérer a été revu a la baisse. Michael Bay, reviens ! (Non, je blague...).

Et donc, cher spectateur, des explications, de la violence gratuite et à des longueurs abondantes tu auras droit; du talent, de la répartie et du suspense... Que nenni !

Auteur :Houmann Reissi
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