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Astérix aux Jeux Olympiques : La critique du film

PETIT COUP DE COLERE !

Et voilà que se pointe le sempiternel discours : la critique, de toute façon, n'y connait rien au cinéma, et n'aime pas les films populaires tel "Astérix au jeux olympiques".

Petite mise au point; la critique aime les bons films. Populaires ou « intellos », ce n'est pas dans les colonnes du Quotidien du Cinéma que nous tirons sur "Rocky Balboa" à boulets rouges par exemple parce que c'est un blockbuster, vous le savez bien. Alors même s'il est toujours important de prendre ses propres décisions et de se faire ses propres opinions, je vous prie de nous croire sur ce point : Astérix peut se passer de vous ! Vous, vous pouvez vous passer d'aller voir "Astérix au jeux olympiques" !

Ceci étant dit... Récapitulons, Astérix, troisième du nom, c'est donc celui qui met en scène le duo de gaulois le plus bd de Gaule, face à César. Normalement c'est une histoire de pouvoir et, surtout, de fâcher l'envahisseur auquel ils résistent encore et toujours qui les amène là. Ce coup-ci, c'est pour faire plaisir à Alafolix, jeune éphèbe du village, tombé amoureux de la princesse Irina.

Passons sur le fait que le jeune éphèbe gaulois d'Armorique (donc de Bretagne pour ceux qui ont lâché depuis longtemps), parle avec l'accent Canadien et que sa belle, outre le fait qu'elle se soit faite la tête d'Angelina Jolie dans "Alexandre", parle avec l'accent italien.

C'est donc à une histoire d'amour particulièrement fade et niaise à laquelle on a droit, la princesse étant aussi courtisée par le supposé immonde Brutus, elle se retrouve enjeu des jeux, et, ça, paraît-il, est une marque de son caractère. Gageons que Thomas Langmann, à l'origine du scénario, croit encore au coup de la femme flattée d'être un trophée. Passons.

Ce qui est gênant dans "Astérix au jeux olympiques", enfin, une des choses gênantes, c'est avant tout son manque flagrant de scénario. Surexploitant de mauvaises idées, il s'érige aussi comme le meilleur exemple des bonnes idées mal ou non exploitées.

Par exemple : si Brutus passe son temps à vouloir tuer son père pour prendre sa place (nous sommes toujours dans Astérix je vous rappelle, pas dans Iznogood, enfin quoique), les tentatives ne font l'objet que de 3 ou 4 scènes plutôt fades. Soit il fallait en mettre moins, soit il fallait en mettre plus, que le leitmotiv apparaisse clairement, ou que cela reste anecdotique. Pour le coup on n'y croit pas, et l'effet comique est raté.

Même chose sur les rares scènes où un gag marche enfin. Les répliques drôles une fois données, les dialogues en rajoutent une couche : vraisemblablement il aurait fallu couper. Sans compter quelques gags pas drôles, mais ça, on s'y est presque habitués dans le cinéma français.

Le second souci c'est que rien ne vient rattraper le scénario. La course de chars est palote à souhait et vraiment peu haletante. Michael Schumacher s'y ridiculise comme le reste du casting d'ailleurs.

Du côté des effets spéciaux, qu'on nous annonçait sublimes, il nous aura fallu rester jusqu'au bout du générique pour le croire : ce sont les Versaillais qui les ont créés, et franchement, ce n'est pas à mettre à leur crédit. Pixellisations, mauvais copier-coller des foules, des flous à la pelle, les décors censés être grandioses ne valent même pas les peplums des années passées, c'est proprement ahurissant !

Penser que 78 millions d'euros de budget peuvent donner une chose pareille, c'est hallucinant, et pas dans le bon sens du terme. Vraisemblablement, tout est parti dans le casting...

Le « gros » morceau du film. On attendait une personne : Alain Delon. De fait, face caméra, il ouvre le film avec une tirade qui pourrait être drôle : « César ne doit rien à personne, ses cheveux ne blanchissent pas, il se teintent d'argent, il ne doit rien ni à Rocco et ses frères, ni au clan des siciliens. ». Cela aurait pu marcher, si on l'avait senti sincère dans l'auto-parodie, ce qu'il rejette pourtant dans toutes ses interviews !

Et Poelvoorde alors ? Celui sur lequel le film repose, comme "Mission Cléopatre" reposait sur Jamel Debbouzze ? Pas vraiment. Il fait, certes, un numéro parfait, mais on le sent vraiment pas à l'aise, et c'est dommage.

Depardieu et Cornillac ? Le premier, oui, c'est le seul presque dans tout le film à s'effacer dans son personnage, à ne pas « jouer Depardieu qui joue Obélix ». Cornillac, lui, fait de son mieux, il cherche la bande dessinée dans le film à grand renfort de postures et de grimaces. Cela eût été bien dans un autre film peut-être. Toutefois, Cornillac a au moins le mérite d'avoir cherché à bien faire...

Ce qui n'est pas le cas des autres seconds rôles. Stéphane Rousseau en bellâtre garde fièrement son accent canadien, dommage pour un gaulois breton pure souche, mais le pire reste à venir. En tête de notre classement, Franck Dubosc. En barde Assurancetourix il est parfaitement inutile et décline son personnage fétiche et profondément insupportable en braies et moustaches.

Francis Lalanne ne fait pas mieux, mais lui c'est encore pire parce qu'on sent bien qu'il y met toutes les bonnes intentions du monde. Elie Semoun fait du Elie Semoun, etc, etc.

Seul Alexandre Astier tire son épingle du jeu lorsqu'il joue face à Poelvoorde, il semble y avoir chez ces deux là la même envie d'improvisation et de déconne pure, brimées par le reste du casting.

En somme rien à sauver alors ? Certes non, et c'est dommage. Thomas Langmann voulait faire « plus européen », pour renouer avec le succès outre-hexagone que le premier volume d'Asterix avait connu, contrairement au second, jugé trop « franco-français ».

Dommage là encore, au lieu de trouver d'autres choses pour remplacer ce qu'ils avaient enlevé du second (en gros, l'humour), ils n'ont rien trouvé, et donc n'ont rien mis...

Européen peut-être, mais pas réussi !

Auteure :Fadette Drouard
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