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Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté : La critique

Par Christopher Ramoné

Pour cette nouvelle fiesta à beaux chèques, "Astérix et Obélix : Au service de sa Majesté", nos irréductibles gaulois s'en vont en Bretagne. Comprenez bien sûr la Grande-Bretagne. Avec tout l'héritage culturel que cela comporte. Si, par exemple, Paul WS Anderson avait violemment souillé notre littérature avec "Les Trois Mousquetaires", c'est sous l'étiquette Astérix et Obélix, fierté de nos BD nationales, que des français font se faire le plaisir d'en faire de même outre-Manche.

Prenant comme prétexte l'humour, il a beau dos l'humour, ce bulldozer pour box-office caricature la culture anglaise. En même temps, il déshonore les deux bandes-dessinées qui ont inspiré le film (Astérix chez les Bretons et Astérix et les Normands). Le tout dans un mauvais goût visiblement assumé. Dire qu'un malin producteur avair refusé la proposition du duo Toledano / Nakache (avec Barratier à la réalisation) sur Le Tour de Gaule. La blague est visiblement là. Ce que la promotion de "Astérix et Obélix : au service de sa Majesté" laissait entendre question mauvais goût (rappelez cette ignoble affiche en clin d'œil aux Beatles…), le film le confirme dans un format plus long d'1h45.

Dans la lignée de "Astérix aux Jeux Olympiques" (où Astérix et sa clique se fourvoyaient dans l'horreur humoristique), "Astérix et Obélix : au service de sa Majesté" débute, comme son nom l'indique, par un générique hommage à James Bond. L'intérêt ? Aucun ! Si ce n'est pour désarmer son spectateur. Espérons que celui-ci n'est pas un fin adorateur des BD. Techniquement, on pouvait espérer quelque chose de consistant. Car la narration lancinante du film repousse un twist couru d'avance. Laurent Tirard aux manettes (le même qui séduisait le public, soyons honnêtes, avec "Le Petit Nicolas") est épaulé par le directeur de la photographie Alain Derobe (qui a travaillé sur "Pina", notamment).

Pourtant ! "Astérix et Obélix : au service de sa Majesté" est une immense faute de goût ! Ainsi, après avoir réuni le gratin du cinéma populaire français autour de 60 millions d'euros de budget, "Astérix et Obélix : au service de sa Majesté" s'avère un lent naufrage. Physique d'abord. Parce que l''hommage attendu à Uderzo et Goscinny est totalement absent. Car le sens du détail de Londinium est en totale contradiction avec l'animation numérique des décors normands. Thématique ensuite. Notamment lorsque Laurent Tirard essaie de surfer sur l'actualité. La parabole de l'immigration ne fait rire personne tant elle apparaît poussive.

Derrière ces bonnes idées mal exploitées, on tente de faire naître une compassion. Par exemple, en surlignant la relation amicale entretenue par Obélix (campé pour 4ème fois par Gérard Depardieu) et Astérix (Edouard Baer, qui transpose sa prestation en scribe dans "Mission Cléopâtre" en guerrier franc du collier à la recherche de l'amour). Au départ, une bonne idée, jouer sur la prétendue homosexualité des deux. Le tout pour finir sur des mièvreries dispensables. Et si c'était le seul et unique problème ! Le mauvais goût, on le pousse loin. Notamment, jusque dans la musique où Klaus Badelt. Ce dernier semble manquer d'inspiration au point de lorgner sur les compositions d'Hans Zimmer façon "Le Roi Arthur". Saupoudrez tout cela par la prestation inutile des BB Brunes... On approche l'attentat auditif !

Fort heureusement, certains choix permettent à ce quatrième volet d'être au-dessus de son prédécesseur. Toutefois, bien loin de "Mission Cléopâtre" où Chabat faisait vraiment de l'humour. Retenons Guillaume Gallienne dans la peau d'un Jolitorax fort efficace question accent. Mais aussi Vincent Lacoste, employé pour faire le beau gosse et qui finalement séduit par cette nonchalance bienvenue. Même Fabrice Luchini dans la peau d'un César névrosé, pourrait presque séduire, tant il surpasse le mégalo Delon. Cela reste, néanmoins, une bien maigre consolation face à l'ampleur d'une comédie populaire qui manque à ses objectifs et offre un piètre hommage en prime.

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