Archives Critiques

Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre : La critique du film

Cléopâtre et César sont deux grands joueurs : la belle au long nez parie en effet de construire en trois mois le plus somptueux des palais pour son hôte, afin de lui montrer la grandeur de son peuple. Pour l'architecte Numérobis , le Caesar Palace, c'est la roulette russe, un coup de poker : ça passe ou ça casse, l'or ou les crocos. Heureusement, Numérobis a plus d'un tour dans sa toge, et fait jouer ses relations. Vous savez, ces irréductibles Gaulois un peu frappadingues ?

Direction l'Egypte donc, où notre fine équipe, version réduite, va donner un sacré coup d'accélérateur au chantier. C'est sans compter le maléfique Amonbofis et ses complices (dont César, prononcez Si'zer, à l'américaine), qui vont tenter de faire échouer ce projet titanesque. Même qu'à la fin, c'est les bons qui gagnent, et qu'y sont même pas américains… 
 
Tout d'abord, des noms : Jamel Debbouze (Numérobis), LA star du film ; Claude Rich (Panoramix), Christian Clavier (Astérix déjacouillisé) et Depardieu (Obélix bêta-béat au poil), en retrait dans ce film, mais sympathiques ; Monica Bellucci (la bombe Cléopâtre) ; Gérard Darmon (Amonbofis) ; et une pléiade de guest-stars : Edouard Baer (excellent), Dieudonné, Isabelle Nanty, Jean Benguigui, Jean-Paul Rouve, Marina Foïs, Bernard Farcy, Edouard Montoute, Emma de Caunes, et j'en passe. Et, Et…

Alain Chabat (César), le boss, qui se taille la part belle du gâteau (avec Bellucci en guise de cerise). Même entouré d'un casting impressionnant, dont les personnalités apportent chacune leur pierre (délirante) à l'édifix, Alain Chabat reste le maître d'œuvre incontesté de ce chantier artistico-médiatico-financier imposant.
 
Empereur de la génération Canal version de Caunes-Chabat, miroir sublimatoire de la génération télé, portables et films à déconne, Chabat s'est rendu compte de l'impossibilité d'adapter Astérix comme Claude Berri avait gentiment essayé de le faire. En fait, Chabat n'avait tout simplement pas envie de prendre cette direction, préférant rester dans son domaine de prédilection : la pure déconne.

Entouré de sa bande de potes, des ex-nuls (Farruggia apparaissait dans une bande-annonce, passant le casting pour le rôle de Cléopâtre) aux Robins des Bois en passant par Darmon, Chabat se lâche dans ce film à gros budget. Et l'audace paie : les impros et les feintes à deux sesterces font mouche, les anachronismes s'enchaînent avec bonheur, la parodie (Star Wars, Titanic, Cyrano, Tigre et Dragon…) est au sommet de son art, la musique et les chorégraphies sont délirantes.

Bref, ça fonctionne. Et paradoxalement, malgré l'ultra-modernité du scénario et des dialogues, on se rend compte avec étonnement que l'esprit de la BD est vraiment respecté, comme le prouvent les scènes de pirates par exemple.
 
Sevré d'un précédent casting international aux relents de gros bénéfices, cette deuxième adaptation d'Astérix peut se vanter d'afficher un esprit bien français, mais surtout pas franchouillard. Astérix se rendant au salon annuel du bœuf est un beau clin d'œil.

Et l'on se dit que José Bové aurait adoré le film si celui-ci n'avait pas vendu son âme et ses droits d'image au diable incarné : Mcdo. Ultime provocation de Chabat ou maladresse pauvrement teintée d'intérêts financiers ? On ne peut pas être parfait. Soit. 
 
Fans des Nuls ou adeptes du Chabatisme, courez voir ce film !
Auteur :Alessandro Di Giuseppe
Tous nos contenus sur "Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre" Toutes les critiques de "Alessandro Di Giuseppe"

ça peut vous interesser

Petit Pays : Jean-Paul Rouve au Rwanda

Rédaction

Les aventures d’Astérix et Obélix au cinéma

Rédaction

Buffet froid : Le chef d’oeuvre de Bertrand Blier

Rédaction