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Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre : La critique

La Gaule est décidément un pays de résistance, après d'innombrables aventures (qui se poursuivent) à travers les cases de nombreux albums et après une première incursion sur le grand écran filmée par Claude Zidi (9 millions de spectateurs en France), le petit guerrier blond et son gros acolyte sont de retour sur les écrans de la France entière. La nouveauté vient cette fois du réalisateur, le Nul Alain Chabat, qui s'octroie au passage le rôle de César et s'entoure d'une clique d'acteurs français susceptibles de drainer un large public. Car, ne le cachons pas, c'est l'objectif visé.

Ainsi donc, Djamel, Gérard Darmon, Claude Rich, Edouard Baer et Monica Belluci se retrouvent en costume pour faire chacun leur numéro dans une adaptation d'Astérix et Cléopâtre sous les yeux d'un réalisateur grand fan des albums. Autant dire qu'on craint vite la grosse machine faite pour vider les poches de tous les ados de Lutèce, Lugdunum ou Condate, qu'on se rassure, il n'en est (presque) rien.

Si Alain Chabat adapte l'album d'Uderzo et Goscinny, il le fait avec suffisamment de finesse et d'intelligence pour d'un côté respecter l'esprit de la bande dessinée et, de l'autre, permettre à chacun des acteurs de s'exprimer dans son rôle. Sommé par la belle Cléopâtre de lui construire un somptueux palais, l'architecte Numérobis fait appel à nos gaulois pour finir son palais à temps. Obélix, Astérix, Panoramix et Idéfix s'embarquent donc pour l'ancienne Egypte. Ils se heurteront aux manigances de l'architecte Amonbofis, jaloux de son collègue, et des romains, soucieux d'empêcher l'édification du monument.

Si la sauce est d'abord un peu dure à prendre, une fois le mélange effectué, le spectateur en prend plein les yeux et les oreilles. L'humour des têtes d'affiche ajouté à celui de l'album donne lieu à un détonnant cocktail de rire et de cocasserie. Tout le monde devrait y trouver son compte, les fans de Djamel et ceux d'Astérix. Chabat, même si il ne l'avoue pas, a même l'intelligence de délaisser le personnage d'Astérix (et du même coup son interprète Christian Clavier) pour laisser le champ libre aux autres invités qui, pour le coup s'en donnent à coeur joie dans leurs registres respectifs.

Populaire, le film l'est certainement mais le réalisateur a su aussi parsemer cette Mission Cléopâtre de références et de clins d'oeils cinématographiques qui plairont aux spectateurs plus avertis ou moins réceptifs à l'humour des acteurs. Si le film possède un vrai potentiel, si son rythme s'avère soutenu et sa qualité globale plus élevée que prévue, certaines situations fonctionnent moins bien et nuisent à l'équilibre global.

Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre constitue donc un vrai divertissement à la française susceptible de faire rire les plus jeunes comme leurs aînés. Malgré cela, ce nouvel épisode des aventures du petit gaulois ne restera sans doute pas dans les annales du cinéma français…
Auteur :Guillaume Branquart
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