20 octobre 2021
Critiques

Au Coeur de l’Océan : Critique

Ron Howard nous était revenu en grande forme avec "Rush", formidable double biopic à la réalisation ultra nerveuse et moderne. On pensait donc qu'il en avait fini avec ses films hollywoodiens dans le sens noble du terme, réussis mais toujours aussi classiques et balisés. Si la virtuosité de la caméra est toujours là, le scénario de "Au Coeur de l'Océan" ne sort malheureusement pas des sentiers battus. Sauf que Ron Howard n'est pas le dernier des manchots lorsqu'il faut donner de l'ampleur à un matériel empêtré dans un classicisme forcé.

En effet, si le film accumule les poncifs et les reconstitutions foireuses sur terre, "Au Coeur de l'Océan" décolle véritablement une fois en mer. Les effets spéciaux sont quasi-invisibles, et le travail sur l'image relève de l'orfèvrerie. On a droit ici à l'exact opposé de "Sauvez Willy", massacres graphiques de cachalots en prime, avec en pièce maîtresse Moby Dick, devenant ici un véritable monstre de cinéma. Chacune de ses apparitions est grandiose, et avec son look badass et décharné, il vole la vedette au casting, formidable au demeurant. C'est la grande réussite du film, qui réserve son lot de scènes assez impressionnantes et cruelles.

Le destin de ces personnages, qui recèle d'une jolie réflexion sur la cupidité de l'Homme et son besoin de conquête, est douloureux, et Ron Howard gère cet aspect du film avec ce qu'il faut de viscéralité pour impliquer le spectateur au plus près des corps amaigris et putréfiés. Ainsi, les acteurs, Chris Hemworth en tête, (et les maquillages) impressionnent vraiment dans cette dernière partie, qui renvoie clairement à un survival. Le réalisateur distille avec parcimonie quelques éléments de film d'horreur, avec un tueur implacable façon Michael Myers et une description de la survie qui ne lésine pas sur les détails gore. Malgré cet aspect intéressant du métrage, et le côté conte cruel amené avec l'apparition du personnage de Melville, "Au Coeur de l'Océan" demeure trop classique. Du Ron Howard pur jus donc, qui, même s'il reste toujours inspiré, donne clairement dans le blockbuster trop hollywoodien pour son propre bien.

Auteur :David MarmignonTous nos contenus sur "Au Coeur de l'Océan" Toutes les critiques de "David Marmignon"

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