23 octobre 2019
Critiques

Au nom de la terre : La critique du film

La critique du film Au nom de la terre

Par Victor Van De Kadsye


C'est un film qui risque de faire beaucoup de bruit à sa sortie. Campagne massive sur les réseaux sociaux, tournée monumentale d'avant-premières allant à la rencontre des agriculteurs de toute la France, promo investie de la part de son comédien principal Guillaume Canet : "Au Nom de la Terre" sonne immédiatement comme une alerte indispensable. Certaines choses étaient à craindre initialement, mais le geste de son réalisateur, Edouard Bergeron, racontant l'histoire de son père, est à saluer.

C'est un drôle de paradoxe qui se retrouve dans la publicité de ce premier long-métrage, ainsi que dans le film lui-même : Guillaume Canet. Lors de l'avant-première organisée à Kinépolis Lomme, le 20 septembre dernier, on grince des dents devant l'acteur, s'accaparant la parole au détriment de celle du réalisateur ainsi que de celle des agriculteurs présents dans la salle.

Même sentiment éprouvé au départ de "Au nom de la terre", où la tension de voir la méthode façon Actor Studio du comédien cannibaliser ses partenaires et le sujet se fait lourdement ressentir. Cependant, ce qui amène ce paradoxe est que, dans cette omniprésence, il y a un investissement qui permet de faire apparaître la sincérité poignante de cette histoire vraie. Inutile au fond de blâmer l'acteur qui participe à ce réveil politique pour toucher les spectateurs.

critique-film-au-nom-de-la-terre-guillaume-canet
Guillaume Canet

C'est un cri d'alerte plein de rage et de tristesse que lance Edouard Bergeron. Se basant sur ce qu'il a vécu avec sa famille, le réalisateur partage notamment les moments de joies vécus : les fêtes de Noël; les baignades à la plage qu'on se remémore avec mélancolie; les instants de tempêtes montrant la difficulté irrespirable de la vie agricole.

Sans concession, le cinéaste met donc en scène sa vie dans "Au nom de la terre" de façon vivante et troublante. Sa jeunesse est incarnée sous les traits de l'excellent Anthony Bajon, fort en sensibilité. Veele Baetens reste, avec classe, dans le drame familial aux airs de country après "Alabama Monroe" tandis que Rufus permet au film d'instaurer une thématique paternelle déchirante.

Appuyant là où ça fait mal dans ce système, "Au nom de la terre" a le mérite de vouloir faire prendre conscience aux spectateurs de telles situations. On aurait cependant aimer qu'il montre les armes pour changer les choses plutôt qu'être à la limite du spot choc. Toutefois, on excusera cela très vite par la pudeur du cinéaste réussissant son coup et qui va parvenir à réveiller les esprits. On l'espère en tout cas...


Tous nos contenus sur "Au nom de la terre" Toutes les critiques de "Victor Van De Kadsye"

ça peut vous interesser

Rencontrez l’équipe du film Play

Rédaction

Les Aventuriers des Salles Obscures : 28 Septembre 2019

Rédaction

Bacurau : Une satire Carpenterienne

Rédaction