21 novembre 2019
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Aurore de Nils Tavernier : Dirty dancing

La première question que l'on se pose à la vision de "Aurore" est de savoir ce que Carole Bouquet et François Berléand sont venus faire dans cette galère.

Ce film amateur, signé du fils de Bertrand Tavernier, cumule les ratés avec une rare assiduité. A commencer par son thème qui lorgne du côté de la fable, ici maltraité par des caméras paresseuses et une image aux halos baveux.

Certes il s'agit d'un concept voulant marier cinéma et danses classique, tribales voire orientale, mais n'est pas chorégraphe qui veut. Ainsi les moindres scènes de ballet dans "Aurore" manquent cruellement d'ampleur car reléguées dans des décors appauvris, alors que les moindres mouvements de Margaux Chatelier (incarnant Aurore avec une grâce remarquable) rehaussent les dialogues d'une mièvrerie inouïe.

Tout le budget de "Aurore" semble avoir été noyé dans les costumes (magnifiques, il est vrai), et là où le charme de la fantaisie et la magie féerique doivent opérer Nils Tavernier nous impose un cadrage digne d'une nature morte. Beau en un sens, mais en aucun cas approprié pour ce genre de récit.

S'opère en parallèle un cheminement vers la reconquête d'une liberté oubliée (celle de danser) et d'un amour fraîchement découvert en la personne d'un peintre (sosie de Robert Hossein, le charisme en moins), le tout contribuant à une histoire aussi insipide pour les petits que pour les grands.

En parents, Carole Bouquet est impériale, François Berléand souffre du poids de sa couronne, le reste du casting, quant à lui (hormis Margaux Chatelier), sur-joue au possible.

Au mieux une publicité d'une heure trente pour l'Opéra de Paris, au pire "Aurore" est un film qui ne vise aucun public.

Pathétique et laborieux !


Auteur :Julien Leconte
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