30 juillet 2021
Critiques

Aurore : Comédie sociétale d’une belle légèreté 

Après "Le Petit Locataire", aujourd'hui avec "Aurore" et bientôt avec "Marie-Francine" : on peut dire cette année que les femmes de 50 ans sont en vogue. Elles sortent de l'ombre et envahissent nos écrans, comme dans un élan de revendications et un besoin de reconnaissance.

Mais qui est Aurore ? Une femme dont la vie est chamboulée par un grand bouleversement… hormonal ! Oui, le temps de la ménopause est venu et avec lui son lot d'imprévus et de désagréments. C'est entre un job ingrat, deux sorties avec sa meilleure amie et quelques moments de tendresse (ou de dispute) avec ses filles que l'on découvre une femme combative, en quête du prince charmant qui saura la sortir d'un long sommeil.

Loin du conte de fée mielleux et dégoulinant, "Aurore" nous fait rire, et pointe du doigt des sujets de société qui font débat (la chirurgie esthétique, la sexualité des personnes âgées, le harcèlement de rue, le sexisme au travail, et les humiliations qui vont avec, le célibat des femmes, la facilité qu'ont les hommes à refaire leur vie avec des femmes plus jeunes etc…).

"Aurore" est un film qui prône avant tout la tolérance et qui, à aucun moment ne montre de côté revanchard. Si l'on ressent un côté « girl power » réjouissant et amusant, Blandine Lenoir ne jette pas la pierre aux hommes car elle n'oublie pas de leur laisser la parole avec une certaine élégance. Agnès Jaoui est tout simplement gracieuse. Les traces de l'âge n'enlèvent rien à la beauté et ça, la caméra ne manque pas de nous le montrer ! A travers des étreintes où les chevelures s'entremêlent sur le port de La Rochelle, entre deux essayages à essayer de se pomponner ou dans le cocon du salon pendant quelques minutes de danse improvisée.

Si le scénario n'est pas exceptionnel dans l'âme, on peut dire que le spectateur trouve pleine satisfaction, rire et plaisir grâce un comique de situation entièrement maîtrisé, des personnages justes (presque tout le temps – on dénoncera le gérant du bar un poil caricaturé) et une douce mélancolie. Une nostalgie qui passe par une bande son que l'on déguste tout du long comme un bon verre de vin au coin du feu. Le charme de la petite maison d'Aurore et les souvenirs d'enfance de ses filles y contribuent beaucoup.

Nous avons le plaisir de retrouver Lou Roy Lecollinet (découverte dans "Trois souvenirs de ma jeunesse"), elle incarne ici la fille cadette d'Aurore et fait l'expérience des bêtises de la jeunesse. Aussi il est important de noter que si les femmes de ce film sont les belles, les hommes eux sont charmants. Thibault de Montalembert nous émeut et Samir Guesmi nous séduit par une bonne leçon de morale.

Ce qu'on aime dans le cinéma français et que l'on retrouve facilement dans "Aurore", c'est le soin et l'importance des seconds rôles, des portraits qui transmettent de nombreux messages aux spectateurs et que l'on reçoit avec une certaine bonne humeur.

Auteure :Clémence Leroy
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