20 juillet 2019
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Avatar : James Cameron et sa route des Indes…

AVATAR

OU

JAMES CAMERON et sa « ROUTE DES INDES »


[…] Le Passé ! le Passé ! le Passé ! / Le Passé — le coup d'œil jeté en arrière qui se perd dans les ténèbres insondables ! / Le grouillant gouffre […] / En route pour l'Inde, ô mon âme ! / Tire au clair les mythes asiatiques, les fables primitives / […] / Regarde, mon âme, des événements d'autrefois sont ramenés au jour / […] Interminablement loin derrière, l'antique et occulte Brahma le tendre et le jeune Bouddha […] / En route pour l'Inde ! […] O mon âme, accomplis-tu vraiment des voyages tels que ceux-là ? / T'ébats-tu sur des eaux telles que celles-là ? Plonges-tu plus loin que le Sanscrit et les Védas ? / Alors, cesse de contenir tes forces et suis ta pente […]. Walt Whitman, « En route pour l'Inde », in Les Feuilles d'herbe, 1869. Nul besoin du rappel du synopsis de cette fable des temps modernes et des temps à venir qu'est "Avatar" : si l'on en croit le Box Office, chacune et chacun a vu le film.



I)JAMES CAMERON OU L'HÉRITIER D'UNE MYSTIQUE HINDOUE RELUE PAR LA CULTURE ANGLO-SAXONNE

Comment ne pas songer à l'Anglais Rudyard Kipling (1865-1956), pétri de culture anglo-saxonne et de culture hindoue en assistant au grand spectacle du dernier film de James Cameron : Avatar (2009) ? Cameron étant canadien, si l'on parle de culture anglo-saxonne, que lit-on ? — Une allusion très évidente au Paradise Lost, Le Paradis perdu (1667) du grand pré-romantique John Milton qui n'a pas manqué d'écrire une suite qui fait penser au film : Paradise Regaind, Le Paradis reconquis (1671) ? Une vision romantique de la Nature Mère à la Walt-Whitman : Leaves of Grass, Feuilles d'herbe (1855-1892), célébrant en quelque sorte l'immanence d'une culture du sol amérindienne sacrifiée et niée, "génocidée", par l'homme blanc, Whitman, qui, on le sait, inspirera et sera l'un des maîtres de la Beat Generation, dont les poètes phares — comme Jack Kerouac, l'auteur de On the road, Sur la route (1957), ou Allen Ginsberg, l'auteur des Indian Journals, Journaux indiens (1970) — se tourneront les premiers, avant la génération hippie, vers la culture et la mystique hindoue, autre culture "indienne", qui sera un contrepoison au désespoir des jeunes générations devant le bellicisme américain manifesté, comme dans l'ombre portée de la seconde guerre mondiale, par la guerre de Corée, puis la guerre du Vietnam.

L'antagonisme quasi constitutif du film entre le général des troupes aéroportées et le peuple d'Avatar est on ne peut révélateur de l'allusion à ce climat de contre-culture contestataire, pacifiste et non-violente, qui régnait encore à l'époque de l'adolescence et de la jeunesse de James Cameron, né en 1954, au Canada, dans l'Ontario. On sait que, par ailleurs, enfant né dans l'immédiat après-guerre, l'auteur d'Aliens, le retour, d'Abyss et de Terminator 1 & 2, a manifesté une sorte de fascination allégorique pour le Mal, le Mal absolu, qu'il incarne cette fois dans ce général américain fou, prêt à détruire le Paradis retrouvé pour justifier l'enfer, le seul territoire qu'il comprenne, le seul territoire où il se sente justifié. Il lui faut détruire cet univers de la race perdue où l'être était encore géant, avait la peau bleue comme l'idéal, et volait encore, capable de dominer les dragons comme les Ikrams ou Banshees pour en faire des bêtes paisibles et obéissantes.

Nous sommes ici clairement dans un u-topos — « un lieu qui n'existe nulle-part » — une utopie. James Cameron s'inscrit dans une grande tradition de critique indirecte qui nous fait remonter à la Renaissance, à Utopia, L'Utopie (1516) de l'Anglais Thomas Moore, via la contre-utopie développée par l'Irlandais Jonathan Swift dans Gulliver's Travels, Les Voyages de Gulliver (1726). En vérité, l'œuvre de Cameron relève des deux genres : utopie et contre-utopie, puisqu'il imagine non seulement l'Univers de la République idéale et du « bon sauvage » comme dirait Jean-Jacques Rousseau ou Withman, mais également — sur le mode du Brave New World, du Meilleur des mondes (1932) de l'Anglais Aldous Huxley ou de Nineteen Eighty-Four, 1984 (1949) d'un autre Anglais Georges Orwell — il imagine l'univers monstrueux que ne manqueront pas de devenir les Etats-Unis si quelques créateurs philosophes comme lui, suscitant les vocations politiques qui vont fédérer les sensibilités écologistes qui se développent massivement outre Atlantique, ne l'empêchent pas.

Le récit, la fable de la fin du monde des Na'vi, la fin de Pandora, contient en vérité — comme la boîte de Pandore contient à la fois le meilleur et le pire — le récit prospectif de la fin de l'Occident, prédateur universel, pouvant provoquer ni plus ni moins, programmer et déclencher, la fin du monde. N'occultons pas la dimension très hollywoodienne et apocalyptique du film : c'est un marché qui tient compte de l'imaginaire ambiant actuel en Occident, plus spécialement outre-Atlantique.

On peut donc lire dans le film, explicite, pas même implicite, clairement affichée, avouée, une critique implacable de la culture américaine dénoncée comme prédatrice et destructrice de l'univers, des racines mêmes de la vie, de l'espoir de vie encore, que peut représenter Pandora.

Si la critique du bellicisme américain est une grande tradition du cinéma d'auteur hollywoodien — que l'on songe simplement au film emblématique et mythique à cet égard qu'est par excellence Apocalypse Now (1979) de Francis Ford Coppola, auquel fait clairement allusion plusieurs fois Cameron dans ses scènes aériennes d'attaque, ainsi qu'avec son général fou qui fait songer au rôle de fou joué par Marlon Brando dans ce chef d'œuvre — sans doute est-elle plus facile pour un canadien, même anglophone et de culture nettement anglo-saxonne, de se distancier assez pour être le dénonciateur d'une Amérique militariste, capitaliste… incarnant les forces de Mal.

Dix ans plus tard Apocalypse Now et la magistrale réalisation de Francis Ford Coppola, en 1989, Oliver Stone, avec Né un 4 juillet, qui n'est jamais que la suite de Platoon (1986) au fond, ouvre la voie à James Cameron pour proposer comme héros, un G.I blessé dans sa chair, et sauvé par son âme d'enfant, son indéfectible sens de l'idéal. Or, on sait que les G.Is qui sont aller perdre leur rêve et leur santé au Vietnam, ont dû se raccrocher — comme les hippies — à des mystiques orientales qui leur ont permis de transcender leurs souffrances, leurs mutilations et leurs déchéances, pour retrouver la voie millénaire et originelle d'un salut, d'un sens à donner à la vie et à un combat, enfin humaniste celui-là. Bref, pour inventer une rédemption, même rêvée, fantasmée, fantasmatique.


II)LE MODÈLE HINDOUISTE

Comment ne pas penser en cherchant à élucider le sens du symbole de l'Arbre sacré de la civilisation des Na'vi — visiblement central dans le film — à l'Arbre de vie selon la mystique hindouiste ? Alain Gheerbrant et Jean Chevalier dans leur prodigieux Dictionnaire des symboles patiemment conçu et réalisé après d'innombrables années d'études érudites et éclairées, nous rappellent ce qu'est l'Arbre sacré de la culture mystique hindoue : Dans les Upanishad, [textes sacrés de l'Inde mythique et mystique], l'Univers est un arbre renversé, plongeant ses racines dans le ciel et étendant ses branches au-dessus de la terre tout entière. Selon Eliade, cette image pourrait avoir une signification solaire. Le Rig-Veda précise : « C'est vers le bas que se dirigent les branches, c'est en haut que se trouve sa racine, que ses rayons descendent sur nous ! » La Katha-Upanishad : « Cet Açvattha éternel, dont les racines vont en haut et les branches en bas, c'est le pur, c'est le Brahman ; le Brahman, c'est ce qu'on nomme la non-mort. Tous les mondes reposent en lui. » Mircea Eliade commente : « L'arbre Açvattha représente ici dans toute sa clarté la manifestation du Brahman dans le cosmos, c'est-à-dire la création comme mouvement descendant. » C'est sous l'Arbre que Bouddha connaît l'illumination.

De même, c'est de l'Arbre sacré, pilier du monde, que les Na'vi tirent toute leur force spitiruelle et physique pour vivre au quotidien, toute la puissance régénératrice qui les fait renaître aussi, au besoin. La référence est évidente. D'autres symboles floraux et animaux viennent relayer le symbole central de l'Arbre sacré pour le multiplier en quelque sorte : par exemple, ces organismes chimériques mi-floraux mi animaux entre le pissenlit et la méduse, en suspension dans l'air, lesquels viennent empêcher l'héroïne na'vi Neytiri de tirer une flèche qui devrait tuer prématurément Jake le héros humain, qui s'est introduit en fraude dans l'Univers enchanté, avant qu'il n'atteigne sa rédemption, ne révèle sa vraie nature ; ce sont ces mêmes organismes qui, venant se poser sur Jake, vont confirmer à Neytiri que l'avatar qu'elle aime est digne d'amour et reconnu par la Nature-Mère comme une créature d'exception destinée à sauver le monde, porteuse de bonheur, promettant la rédemption et le bonheur retrouvé.

C'est à ce moment que Neytiri dit au reste au héros que son âme, enfin vidée des impuretés du monde corrompu d'où il vient, est prête à recevoir enfin le secret des secrets : celui de l'osmose avec l'Univers, la Déesse Mère, qui n'est possible qu'à celui qui n'est plus comme « un enfant stupide qu'il ne sait pas ce qu'il fait » et ne connaît pas l'ordre secret du monde, mais celui qui a retrouvé l'âme d'un enfant, celui qui peut être couronné par les émanations de « l'Arbre Secret » parce qu'il a « une âme pure ».

Ce que nous propose James Cameron est donc une sorte de retour à la Nature Mère, pluri millénaire, via une fable écologiste et hindouiste, à relents de sagesse amérindienne, car enfin ce peuple na'vi emprunte beaucoup aussi à la culture des premiers habitants des Etats-Unis, les Indiens des diverses tribus massacrés sans pitié par l'homme-blanc, les cowboys, dont le G.I n'est jamais que la version moderne, dénoncée par Cameron comme obsolète, dépassée. Pour ce citoyen du continent américain qui s'est fait et se veut encore « le gendarme du monde », l'ordre du monde à trouver est pour lui désormais naturel, il n'en est point d'autre.

Le message d'une Neyte ri en colère, que reçoit chaque spectateur anglophone d'abord, et par extension ensuite européen, puis mondialisé, est : « Tu n'es pas mâture, tu tues, donc tu bouleverses l'ordre du monde ». Il faut se vider des vieux mots d'ordre et des vieux Diktats occidentaux, de l'Occident prédateur pour se désencombrer, pour faire écho au monde immanent, éternel… il faut faire le vide pour laisser passer l'énergie du monde. Il faut retrouver l'harmonie du monde. La mère de Neyteri, guide spirituel au monde des na'vi, esprit inspiré et respecté par le peuple de Pandora, dit qu'une énergie nous a été prêtée et qu'il faut la rendre à la Nature pour qu'elle soit redistribuée sans cesse. Mais James Cameron, s'il semble vouloir réinventer notre regard porté sur la beauté du monde, semble vouloir aussi « réinventer » l'amour comme dirait le poète français Arthur Rimbaud.


III)LE RAPPORT FÉMININ-MASCULIN ENFIN « RÉINVENTÉ »

James Cameron choisit de traiter la chose au cœur de la relation au monde divisé tout entier pour lui entre ce qui est féminin et ce qui est masculin ; le couple n'en est qu'un aspect. Le rapport du couple n'est au reste possible que si le personnage, le héros, parvient d'abord à établir un rapport intime au monde. James Cameron a-t-il lu Jung, le plus hardi des disciples de Sigmund Freud, celui qui n'hésita pas à se lever contre les a-priori du Maître pour invoquer, pour imposer la réalité des croyances, l'importance et la puissance du sacré ? C'est possible.

Il y a dans le film de James Cameron toute une symbolique qui semble reprendre en tous cas la métaphore jungienne de la serrure et de la clef, valeurs emblématiques du féminin [de l'imaginaire] et du masculin [de l'action], faites l'une pour l'autre. Ainsi, parmi les divers symboles filés avec un grand génie inventif par Cameron : pour chevaucher les equidus, chevaux à six pattes, les montures terrestres des Na'vi, pour chevaucher les ikrams ou bunshees, leurs montures célestes, pour entrer en osmose avec l'Arbre Secret et Sacré : il convient de placer dans la crinière à bouche de l'animal, ou, dans la branche pendante et ouverte de l'Arbre, sa natte de cheveux, filandreuse au bout, comme végétale, qui pénètre la bouche pour se nouer à elle comme une langue et se souder à elle en se refermant.

La serrure et la clé sont on le sait les signes sémiologiques de la communication Le Docteur Grace Augustine ou la Mère de Neytari sont deux figures de mères, ayant le même statut positif pour le héros Jake, et l'on voit bien que c'est par le biais de la femme, de la mère, que le monde des Na'vi et « le monde ancien » comme dirait Apollinaire dans « Zone » dont beaucoup d'Occidentaux sont las, le vieil Occident, s'opère encore. Elle ont toutes deux pour mission de nourrir physiquement et intellectuellement les « enfants » qu'elles choisissent d'adopter. On se souviendra opportunément que le Panthéon Hindou n'est pas avare en déesses.

À terme, Neytari et Jake vont être renvoyés à eux-mêmes, à leur rapport de couple : puisque si Neytari perd son père à la suite du massacre perpétré par le général G.I fou, Jake lui, en la personne du Docteur Grace, va perdre sa mère spirituelle. C'est là qu'on va pouvoir mesurer combien Neytari a aussi pour Jake le statut de mère : elle l'accouche à ce qu'il a de meilleur en lui, elle l'accouche à lui-même, à elle-même, et, d'abord, au monde.

Certes, le message est clair, si la Mère Science a remplacé en Occident la Nature Mère — mais ne saurait la remplacer — ce que James Cameron semble nous dire au travers et au-delà du merveilleux et émouvant personnage du Docteur Grace Augustine, c'est qu'il faut une Mère Science qui se mette enfin au service de la Nature Mère. Pour mieux nous inviter à comprendre la chose une thématique — une vieille thématique travaillée de longue date par les créateurs d'Ovide à Franz Kafka — : la métamorphose, nous met sur la voie.


IV)LA MÉTAMORPHOSE

Il est un point commun entre le héros d'Avatar, Jake, et Gregor Samza, le héros de La Métamorphose de Franz Kafka : c'est que la métamorphose qui va changer leur vie intervient le jour même de leur anniversaire. La coïncidence est assez significative en soi pour suggérer ce rapprochement entre les deux œuvres. Le cinéaste en se laissant inspirer par Franz Kafka — qui n'a pas manqué de fasciner le grand Orson Welles comme on le sait, le supra-hollywoodien et l'anti-hollywoodien par excellence — met en scène, une version nouvelle d'une métamorphose assez optimiste et salvatrice qui autorise à un être rendu infirme par le cynisme horrible du monde l'accès au paradis, un paradis en partie céleste, et sylvestre, celui du ciel et de la forêt primitive, où règne l'euphorie dont l'être humain rêve depuis des siècles.

Pour mettre la chose en valeur, Cameron n'hésite pas à user de toutes les astuces possibles pour une mise en scène hyperbolique et foisonnante. Ainsi, le protagoniste à chaque fois qu'il s'allonge dans sa boite de téléportation qui va le transformer en « avatar » fait allusion à une nouvelle naissance avec tous ses aspects positifs et montre non seulement la transe de son âme mais aussi la transsubstantiation de son corps blessé par le biais de l'image d'un cercueil qui peut transporter l'âme « autre » et le corps dans le corps d'un « autre » en même temps.

Le symbole productif important, ici, c'est qu'à chaque naissance, renaissance, il se doit de faire ce passage par le biais du sommeil et du réveil ; et, il faut, sans nul doute encore faire un détour hardi par la mystique indienne pour mieux comprendre les enjeux subtils de ce qui se joue alors sur la scène d'Avatar : « Le réveil de la boddhi dont nous parle sans cesse la pensée indienne, depuis les Védas jusqu'au Bouddha, est quelque chose qui a lieu à l'intérieur de la veille, un écart invisible, un changement instantané des distances et du pas mental grâce auquel la conscience réussit à s'observer elle même, en parvenant donc à s'observer dans sa place d'observatrice.

La métaphore la plus efficace de cet événement est le réveil du sommeil, le passage du rêve à la veille . » Et, James Cameron, avec ce thème intimement lié pour lui de la mise au tombeau et de la métamorphose, joue de la mise en abyme : s'il s´agit en effet d'entrer dans la boîte de téléportation comme en un cercueil pour abandonner son état initial afin de pouvoir parvenir à l'état d'« avatar », si le personnage principal a symboliquement besoin de passer par la mort du sommeil pour parvenir au réveil, prélude et condition de sa métamorphose, de même, le corps mourant du Docteur Grace Augustine ainsi que celui de son « avatar » sont-ils confiés aux racines de l'Arbre Secret et Sacré des Na'vi pour être peu à peu momifié par lui dans un cocon, comme une chenille dans sa chrysalide, avant de connaître la rédemption résurrectionnelle de la métamorphose encore. Le papillon en Occident étant symbole de résurrection.

Faut-il lire là une métaphore du nécessaire ensevelissement de la spectatrice ou du spectateur dans le tombeau d'une salle obscure pour renaître à un autre état de conscience de l'état du monde. Gageons qu'elle ou qu'il se projettent dans les héros. Car, enfin, nous sommes toutes et tous le héros handicapé d'Avatar avec ses sommeils, ses réveils et donc ses morts successives… nous sommes le Docteur Grace qui meurt. Pour être parfait et heureux ou expérimenter autrement le nouveau monde, ce bonheur que constitue le retour au paradis perdu du rêve, de l'imagination, de l'enfance, et, de ce qui fut peut-être le monde, notre monde, à ses origines, pour obtenir le droit d'un retour à l'état initial de « fils du soleil » — comme dirait Rimbaud — qui vole, d'« enfant de la forêt primitive », pour reconquérir ce monde dans lequel ne règne que la lumière, il ne faut pas hésiter à se résoudre aux morts successives nécessaires, à retrouver le sens et la leçon du vide…


V)LE GENRE DU WESTERN, REVISITÉ, RÉINVENTÉ

Plutôt que film d'aventure, on peut se demander si James Cameron n'a pas choisi — en mettant face à face des bons et des méchants, un peuple "primitif" et pur face à l'Occident prédateur — de réinventer le Western, comme l'avait déjà fait Kevin Cosner en 1990 avec Danse avec les loups, mais un western moderne empruntant à la science fiction via la philosophie hindouiste millénaire et éternelle. Au cœur du film « best seller » de James Cameron est un Arbre.

La culture indienne a été dans son histoire un grand Arbre qui a créé ainsi un lien très riche entre le monde occidental et le monde oriental, et nous a redonné, peut-être, le sens de quatre notions : le Bien, le Mal, le Pur, l'Impur. Une chose est sûre, et c'est là peut-être le mot de la fin, comme un merveilleux suspend : devant la femme, mère ou amante, chaque homme bon redevient un enfant, et la Terre est une femme et notre Mère, à tous. Il ne faudrait pas l'oublier.

Auteur(e)s :Firoozeh Radji-Cloët & Jean-Louis Cloët

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