20 juillet 2019
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Avatar : Une oeuvre majeure !

Onze années se sont écoulées depuis la sortie du plus grand succès commercial de tous les temps. 15 ans que m'sieur Jim « Titanic » Cameron a en tête son « Avatar ». 5 ans qu'il y travaille. Plus de 1000 personnes impliquées dans l'élaboration du film. 300 tout d'abord, puis finalement 500 millions de dollars de budget. Sans conteste, le film le plus attendu de cette fin d'année, que dis-je, de cette année (de cette décennie…). Bref, la déception va forcément être à la hauteur de l'attente c'est-à-dire immense. Oui mais voila, « Avatar », s'il est encore trop tôt, s'il est encore trop frais dans ma tête pour que je puisse parler de chef d'œuvre, a tout pour passer à la postérité.

Qu'on le veuille ou non, il y aura dans les nombreuses étapes de l'histoire du cinéma de science-fiction, un avant et un après « Avatar ». Pour se débarrasser immédiatement du désagréable, on va passer vite fait sur les quelques petits couacs du film. On pourra effectivement reprocher à Cameron d'avoir cédé à quelques facilités scénaristiques, notamment lors de la présentation des personnages et des enjeux du film qui manque quelque peu d'originalité. Concernant l'aspect technique, on pourra trouver les personnages des Na'vis trop peu expressifs. Lorsque l'on sait que c'est en découvrant le travail que Peter Jackson avait fait avec Gollum sur le « Seigneur des Anneaux » que James Cameron a décidé de sauter le pas et de se lancer dans l'aventure, on peut trouver que la palette d'expression de Gollum était plus étendue que celle des Schtroumfs géants de Cameron.

A côté de ces quelques réticences (comme tout bon critique, il faut bien trouver des trucs à redire), quel pied prend t-on pendant plus de 2h30 dans cette plongée au cœur de l'univers de Pandora. Quid donc de l'histoire ? Pour résumer, il faudrait reprendre dans les grandes lignes celle de « Danse avec les loups » en remplaçant les Sioux par les Na'vis et les tuniques bleues par les humains. On se retrouve donc plongé au cœur d'une guerre entre les habitants de Pandora et les humains qui veulent exploiter les ressources minières de la planète. Un homme va se retrouver coincer dans tout ça et va bien devoir choisir son camp.

« Avatar », malgré son gigantisme visible dans chaque plan du film, est sans doute le film le plus personnel de son auteur. En cela, il faut sans doute le rapprocher d'« Abyss » dont le message écolo est assez semblable. En effet, après Al Gore, Nicolas Hulot ou Yann Arthus-Bertrand, Cameron amène lui aussi sa pierre à l'édifice écologique et force sera de constater qu'au final, il sera sans aucun doute celui qui fera avancer le plus la cause. Néanmoins, « Avatar » n'a pas qu'une dimension écologique mais également politique. Des marines envoyés en terre étrangère pour récupérer une source énergétique au détriment des populations locales, ça ne vous rappelle rien ? Comment ne pas y voir en effet une profonde remise en question des néo-croisades occidentales, notamment une critique cinglante de l'invasion américaine en Irak.

Qu'on le veuille ou non, dans un film à 500 millions de dollars où tout devrait être aseptisé au possible afin de ne surtout froisser personne, on peut trouver à Cameron un courage certain d'afficher d'une manière quasi-transparente son message anti-belliciste (surtout si l'on se souvient que le film est en projet depuis plusieurs années, à un moment ou la guerre en Irak était loin d'être aussi impopulaire qu'aujourd'hui). Tout ça c'est peut-être pas mal, mais ça ne fait sans doute pas un chef d'œuvre.

Alors qu'est ce qui fait d'« Avatar » un grand film ? Il y a 30 ans il y a eu Lucas et ses « Star Wars ». Il y a 10 ans, il y a eu Jackson et ses anneaux. Aujourd'hui il y a Cameron et ses Na'vis. C'est-à-dire que c'est à cette dimension de film qu'il faut s'attendre avec « Avatar ». Un film qui crée à chaque image, où chaque plan se doit de surpasser le précédent. Un univers entièrement inventé qui apparaît à l'écran (vous me signalerez que ce n'est pas vraiment Jackson qui a imaginé la Terre du Milieu mais je vous rétorquerez que l'adaptation cinématographique d'un tel univers est sans conteste une sorte de création). Je ne sais pas encore s'il y aura un « Avatar 2, 3 », mais de la même façon que l'on voulait connaître la suite des aventures de Frodon et Sam, à la fin du film, on ne demande qu'à pouvoir retrouver ces personnages et cet univers.

Bref, « Avatar » est une fresque, un film qu'on attendait depuis 10 ans, depuis le « Retour du Roi » et ou chaque « Narnya » ou autre « Boussole d'or » ne nous faisait que regretter plus encore l'œuvre de Jackson. Mais « Avatar », c'est encore plus que cela. A l'origine, il y eu Méliès et son « Voyage dans la lune ». Puis vinrent le « Métropolis » de Fritz Lang, le « 2001 » de Kubrick, les « Blade Runner » et « Alien » de Ridley Scott, sans parler de « Planète interdite », de « Soleil vert » ou autre « Brazil », bref des films qui marquent les étapes de la science-fiction au cinéma, des films qui font incontestablement passer ceux qui suivent pour des ringards. Depuis toujours l'évolution du cinéma n'est rien d'autre qu'une succession de révolutions qui lui font gravir les marches.

Aujourd'hui, James Cameron a inventé véritablement la 3D. Je suis désolé pour ceux qui ne pourront pas profiter d'« Avatar » en 3D, dans le format pour lequel il a été crée (à moins que ce ne soit la 3D qui ait été spécialement inventée pour permettre à Cameron de nous livrer son film…), mais à la fin de la projection, lorsque les lumières se rallument, on comprend vraiment pourquoi un écran télé, plasma, LCD, Led ne pourra jamais remplacer l'expérience d'une projection telle que celle-ci. Avant Cameron, la quasi-totalité des films 3D utilisait celle-ci comme un gadget. Même les meilleurs tels que les récents « Là-haut » ou « La légende de Beowulf » ne pouvaient s'empêcher de nous faire passer la p'tite bébête sous les yeux pour que les gamins tendent les mains pour l'attraper. Pas de ça ici. Cameron donne en effet toute sa dimension (!) à la 3D en privilégiant la profondeur de champ par rapport à la bébête.

Avec « Avatar », on n'est plus devant un écran de cinéma, mais on survole la forêt amazonienne, on se tient tout en haut du Grand Canyon, au sommet des chutes du Niagara. La perception est inouïe, l'expérience unique. Vous aurez donc compris que s'il est indispensable d'aller voir « Avatar », il est essentiel d'aller le voir en 3D, si tant est qu'une salle près chez vous le diffuse dans ce format, dans son vrai format.

Il y aurait encore une tonne de choses à écrire sur le huitième film de James Cameron tant l'œuvre est importante. Certains n'y verront que le naïf jouet à 500 millions d'un gamin capricieux, les mêmes qui avaient ri devant « Star Wars », les mêmes qui avaient dédaigné « 2001 », qui avaient méprisé Méliès. Moi, je ne fais qu'un pari : alors que les murs du monde entier sont tapissés d'affiches annonçant le nouveau film du réalisateur de « Titanic », lorsque l'on parlera dans quelques années de James Cameron, je vous affirme qu'on l'appellera : le réalisateur d'« Avatar ».
Auteur :Loïc Gourlet
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