23 octobre 2021
Critiques

Baby Boss 2 : Une affaire d’argent

Par François Bour


Baby Boss est tombé dans le piège. À l’instar de son personnage devenu grand et multimillionnaire, cette suite est le fruit du business. Faire une suite d’un succès au box-office, c’est parfois céder à la faciliter. Cette affaire de famille, sous-titrée de "Baby Boss 2" en est un exemple.

Avec "Baby Boss 2", c’est ce qui s’appelle capitaliser sur un succès pour tenter d’en faire une franchise. Il faut dire que c’était tentant, car "Baby Boss", premier du nom, était une sacrée bonne affaire. Sorti en 2017, "Baby Boss" avait rapporté 528 millions de dollars au box-office mondial, et ce pour un budget estimé à 125 millions. Le studio Dreamworks a donc rapidement lancé une suite. Et pour maximiser les chances de rentabilité, ils ont repris les éléments principaux du premier film.

 

Une suite sans originalité

Tim Templeton et son petit frère Ted, le fameux Baby Boss, sont devenus adultes, ils vivent chacun de leur côté, Tim est devenu un père de famille rangé et Ted est à la tête d’un important fond spéculatif. Les deux frères ennemis devenus inséparables ont grandi et se sont finalement séparés. "Baby Boss", c’était l’histoire improbable d’un bébé plus intelligent qu’un adulte et qui va devoir sauver le monde avec son grand frère qu’il n’apprécie pas. L’originalité du personnage de Baby Boss, le scénario mêlant humour et actions déconcertantes (un bébé qui se la joue à la Tom Cruise, c’est déconcertant).

Voilà deux éléments qui ont sans doute participé au succès du film. Sans oublier bien sûr, le fond sentimental sur la fraternité plus forte que tout le reste pour sauver le monde. Ce qui est intéressant avec les studios Dreamworks, en général, c’est qu’ils proposent des aventures rythmées autour d’un personnage charismatique. Celui-ci tient aussi les clés de l’ambivalence émotionnelle. C’est celui qui paraît le moins sensible qui va finir par être le vecteur d’émotions.

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Pour ces raisons, un bon film d’animation DreamWorks c’est, par exemple, "Les cinq légendes" ou la saga "Dragons". Et "Baby Boss". Mais, pas sa suite. Cette « affaire de famille » est un produit marketing destiné à attirer les enfants trop heureux de retrouver Baby Boss. Parce que oui ils vont le retrouver. Les héros du premier film ont grandi, mais grâce à une potion magique, ils redeviennent ceux qu’ils étaient. C’est pratique. Seule nouveauté, la présence d’un nouveau boss. Enfin, une boss pour être précis. Sauf qu’ici, l’originalité ne fonctionne plus vraiment puisque ce Baby Boss là n’est qu’une copie au féminin du premier. « On prend les mêmes et on recommence », comme dit le dicton en prenant soin d’amener quelques petites touches « 2021 ». Les scénaristes ne voulaient pas trop paraître fainéants.

 

Des thèmes déjà mieux exploités

C’est ce qui se n’appelle ne pas prendre de risque et c’est un choix fait par de nombreuses suites. Dans certaines d’entre elles, le piège est de mettre une double dose sur tout ce qui a plu au public dans le premier film. "Baby Boss 2" évite cet écueil. Les scénaristes n’ont pas fait le choix de la double dose massive, mais de la triple dose ciblée. Baby Boss se la joue à la Vin Diesel. Sans les gros bras, sans les voitures, sans « la bande de cinglés, sans Charlize Theron… bref la liste est longue. Mais il y à la famille. Plus précisément, l’importance de grandir entourée de sa famille.

Et la triple dose, c’est d’avoir une phrase répétée à de multiples reprises sur les presque 2 h de film. “Grandir se ne veut pas dire grandir séparément”. Sans compter sur le déroulement du récit qui multiplie le balisage pour indiquer que les deux frères doivent travailler ensemble pour vaincre le grand méchant.

Quid du suspense, de l’action et du rythme ? Tout est au minimum un cran en dessous. Voir même inexistant pour ce qui est des enjeux. Tout ce que le film parvient à transmettre, c’est que le temps passe vite et qu’il faut profiter des moments en famille. Inciter les enfants à ne pas grandir trop vite également. Sur ces sujets-là, il y a déjà un Boss, un vrai. C’est Buzz l’éclair. Pour un moment en famille vraiment particulier, il faut que la famille se mette devant "Toy Story". Les enfants doivent grandir en sachant qu’on peut aller vers l’infini et au-delà. Ensuite ils découvriront Vin Diesel et sa famille devant "Fast & Furious 15". Business is Business.

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