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Bande de sauvages : A fuir !

Gros carton au box office américain, "Bande de Sauvages" est une comédie fast food grand public comme seuls les scénaristes d'Hollywood savent en faire : vulgaire, décomplexée, mou du genou et horriblement caricaturale. Avec son pitch qui tient sur un ticket de métro déchiqueté, le script met en scène un groupe de quadras en quête de liberté traversant les Etats-Unis à moto. Pendant un temps, le film semble traiter de la crise de la quarantaine avant de virer au bon gros navet potache où les personnages s'arrêtent régulièrement pour faire pipi (ben oui, ils n'ont plus la prostate de leur vingt ans) ou pour se battre avec d'autres bickers rappelant ainsi la glorieuse époque du duo Bud Spencer et Terrence Hill.

Mais que vient faire William H. Macy dans cette galère ? C'est bien la seule question que l'on peut se poser devant ce naufrage cinématographique intégral d'autant plus que son personnage d'informaticien ringard qui range ses déjections dans un sac poubelle (un gag à l'origine de 76 % des situations comiques du film) est absolument consternant. Et pourtant, largué entre deux des pires représentants de l'humour américain (Martin Lawrence et Tim Allen) et un acteur en pleine dégénérescence (Travolta, toujours aussi épouvantable), il est bien le seul à essayer de tirer son épingle du jeu. Mais, même son génie ne peut rien dans cette pantalonnade de bas étage qui enfile les clichés avec une constance presque insultante.

Le voyage de ces quadragénaires en quête de sensations fortes tourne en effet en un catalogue de tous les stéréotypes rances de l'Amérique puritaine. Ainsi, les homos sont toutes de grandes folles tordues accros au sexe hard quand les braves flics de province protègent efficacement la veuve et l'orphelin. Les bickers ont l'air de vrais durs mais ils ont un cœur grand comme ça, l'amour naît sous une pluie d'étoiles dans une fête country et le happy end explose dans un tsunami de guimauve révoltante où tous les « enjeux » dramatiques se résolvent en un temps record.

Coincé dans la routine de schéma scénaristique éprouvé, le spectateur n'a plus qu'à compter les minutes jusqu'à un générique de fin en forme de parodie de jeu télé malheureusement inconnu en France et qui comporte peut être le seul gag drôle du métrage. Au final, "Wild Hogs" n'est pas seulement un pur produit hollywoodien consternant de nullité, il s'agit avant tout d'une version terriblement potache d'une autre comédie en forme de voyage initiatique traitant de la crise de la quarantaine : « La vie, l'amour, les vaches » avec l'immense Billy Cristal.

Inutile de dire qu'il vaut mieux préférer l'original à la copie…
Auteur :Frédérick Lanoy
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