Critiques

Barbecue : Comédie populaire avant tout

Par Alexandre Duquesne

Avec notamment Lambert Wilson, Florence Foresti, ou encore Franc Dubosc dans ses rangs, "Barbecue" se présentait déjà sur l’autel de la comédie populaire. Si l’on ajoute à ces têtes d’affiche la présence d’autres acteurs plutôt habitués au registre comique (Guillaume de Tonquédec, Jérôme Commandeur sans être exhaustif), le réalisateur et co-scénariste Eric Lavaine souhaitait probablement «ratisser large» auprès du public, ce qui fut effectivement le cas au box office (1 600 000 entrées en France au Printemps 2014).

D’emblée, le scénario nous emmène sur un terrain que nous connaissons tous, touchant du doigt les fâcheux aléas de la vie courante (infidélité, ruptures, difficultés financières, problèmes de santé). Et c’est principalement ces points de convergence avec les spectateurs qui en font une comédie populaire avant tout...D’autant que ces sujets sulfureux sont traités avec un humour grinçant, sans vulgarité aucune et sans user de scènes particulièrement choquantes.

La promotion de l'amitié indéfectible
"Barbecue" (distribué par StudioCanal), c’est surtout l’apologie constante de l’amitié sous sa conception la plus pure qui soit, c’est à dire entièrement sincère et désintéressée. Ce lien indéfectible d’un groupe d’amis qui traverse le temps et résiste à toutes les épreuves nous fait parfois trotter dans la tête la célèbre chanson «Les copains d’abord» de Georges Brassens.


Le film assume parfaitement cette conception de l’amitié poussée dans d’ultimes retranchements idéalistes, aimant à s’attarder dans des repas gargantuesques et arrosés, nous faisant souvent l’étalage, au passage, des panoramas ensorcelants de la région occitane en pleine période estivale.

Les éternels accrocs au téléphone portable ont été laissés sur la touche, de même que les mauvais esprits et les médisants. Et comme les personnages sont «entiers», les ombres au tableau ressurgissent épisodiquement ici et là, à la faveur des coups de gueule des uns et des autres.

De l'amitié à la prise de conscience individuelle

Dans "Barbecue", le souci de la préservation de l’amitié est à tous les étages et l’emporte systématiquement sur toutes les autres considérations. Ce souci est devenu une sorte de dogme, un intérêt supérieur qui permet au groupe de se préserver de l’éclatement.

Seulement voilà, ces fondations solides se fissurent lorsque des révélations sont faites par maladresse ou que certains traits de personnalité deviennent insupportables...Conséquence logique, des prises de conscience individuelles vont naître au fur et à mesure de cette escapade. Untel s’interroge sur son infidélité chronique, un autre sur ses traits de caractère. Mais après tout, ne dit-on pas que les amis sont finalement là aussi pour vous aiguiller lorsque vous faites fausse route ?

De barbecue à la réalité brute

Force est de constater que cette représentation naïve et idyllique d’un groupe d’amis néglige complètement l’impact des clans. Or, nous l’avons tous déjà plus ou moins déjà expérimenté, plus un groupe est étendu, plus des clans sont se forment... Des clans complètement gommés ici, comme par enchantement, alors que le groupe d’amis compte quand même pas moins de huit éléments.

Les dialogues ne représentent pas non plus le point fort de ce film, qui préfère nettement « nous en mettre plein la vue » par des cadrages extrêmement séducteurs (il faut bien l’avouer). Néanmoins, "Barbecue" est une comédie relativement plaisante à voir par les temps qui courent, ne serait-ce que par les valeurs dont elle fait la promotion.

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