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Basic Instinct 2 : Insipide

Les suites sont rarement à la hauteur des films originaux et ce n'est pas cette copie languide dénuée (ou presque) de tout intérêt qui inversera cette tendance cinématographique. Autant "Basic Instinct", premier du genre, était une oeuvre pulsionnelle et vénéneuse qui confirmait le talent d'un cinéaste (Paul Verhoeven) et révélait une comédienne (Sharon Stone), autant ce "Basic Instinct 2" se révèle un film anecdotique, insipide et ennuyeux. Même pas catastrophique (ce qui aurait pu être drôle), simplement insignifiant et lesté par un scénario académique dont l'intrigue patine longtemps avant de sombrer au cours d'un final hilarant ou inepte selon votre humeur.

Après San Francisco, l'histoire de "Basic Instinct 2" s'est déplacée à Londres et imagine la rencontre entre le docteur Michael Glass, psychiatre réputé (interprété par le transparent David Morrissey, aussi sexy qu'une balade sur la Tamise en plein fog), et Catherine Tramell, romancière américaine célèbre pour ses romans sanglants et sulfureux. Sharon Stone retrouve donc son rôle de prédatrice sexuelle, "dépendante aux risques" selon le diagnostic du psychiatre, qui aime à franchir les limites comme lors d'une séquence d'ouverture racoleuse où elle provoque la mort d'un sportif célèbre après une virée automobile nocturne épicée. Seulement, faute d'être dirigée par un metteur en scène à la hauteur de son ego, la blonde pulpeuse se contente de se déhancher lascivement dans des tenues affolantes (le seul suspens du film concerne sa garde-robe) et de lancer des regards énigmatiques, incendiaires ou provocateurs à quiconque ose la croiser.

Loin du trouble généré par un premier "Basic Instinct" retors, cette suite ennuyeuse (parfois verbeuse avec les scènes d'analyse entre un toubib fade et une patiente offensive) ne distille aucun émoi (l'unique scène hot du film est pathétique et le reste devrait se retrouver dans les bonus du futur DVD), ni mystère tant le scénario manque cruellement de ressorts dramatiques et ménage un final ridicule. Même les fans du pic à glace seront déçus. Seule une Charlotte Rampling royale et, dans une moindre mesure, David Thewlis en commissaire corrompu permettent à ce film d'échapper parfois à une douce torpeur.

Auteur :Patrick BeaumontTous nos contenus sur "Basic Instinct 2" Toutes les critiques de "Patrick Beaumont"

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