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Basic Instinct 2 : La débandade

Parallèlement à "Shooting Dogs", un autre film de Michael Caton-Jones sort en salles. Distribution et promotion beaucoup moins discrètes. Et qualité inversement proportionnelle au battage médiatique. Que reste-t-il de "Basic Instinct", thriller à hautes doses érotiques, sommet de polar pervers, excitant comme pas deux et parfaitement diabolique ? Réponse : pas grand chose. Vraiment pas grand chose. Il y a certes Sharon Stone, mais ce n'est plus la même poitrine. Il y a cette musique languissante, qui rendait l'ambiance du film encore plus humide. A part ça, rien.

Remplacez Michael Douglas, sex-addict dans la vraie vie et donc complètement crédible, par David Morrissey, inconnu total, intense comme une salade d'endives et sexy comme une feuille de laitue. Ne reprenez pas Joe Eszterhas au scénario : préférez engager le stagiaire photocopieuse, qui apposera du Tipp-Ex en quelques endroits stratégiques dans "Basic Instinct 2" et remplacera subtilement quelques éléments-clés par d'autres (exit le porte-clés Simpson, bonjour le briquet phone booth ; bye-bye l'écharpe de soie pour menotter les amants, bonjour la ceinture autour du cou pour les étrangler). Zappez les scènes érotiques, qui faisaient le sel (et la sève) du premier volet, remplacez par des extraits d'un téléfilm M6 du dimanche soir. Saupoudrez ce "Basic Instinct 2" de psychologie de bazar, donnez à Sharon son plus beau regard de bitch, et vous obtiendrez un bon gros navet sans saveur et sans odeur : ni celle de la semence, ni celle du sang. Tout juste celle du pognon.

On ne retrouve ici ni la mise en scène brillantissime de Paul Verhoeven, génie pervers et précis, ni l'intensité du duel Stone/Douglas, dont l'intérêt résidait dans le fait qu'il était relativement équitable et instable. Ici, Morrissey (rien à voir avec le chanteur) se fait mener par le bout de la cravate par une Sharon Stone parfaitement consciente que le rôle de catherine Tramell est le seul à pouvoir la sortir de sa léthargie médiatique. bref, tout ceci sent l'opération commerciale à plein nez. "Basic Instinct 2" est un film mou, vide ennuyeux et même pas bandant. Un comble !

Auteur :Thomas MessiasTous nos contenus sur "Basic Instinct 2" Toutes les critiques de "Thomas Messias"

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