6 décembre 2019
Critiques

Belle et Sébastien : Pour les jeunes avant tout

Disons-le tout de suite, les films ayant pour vedette des animaux (ou pire, des animaux qui parlent…) ont surtout marqué le 7ème art par leurs histoires niaises et invraisemblables. On ne compte plus les labradors adeptes de basket-ball ou encore les cochons d'inde jouant les espions. Alors inutile de préciser qu'une grande méfiance s'imposait suite à l'annonce de l'adaptation ciné d'une série télé des années 60 mettant en scène l'amitié entre un gamin des montagnes et un gros chien blanc.

Et pourtant, en prenant en main la mise au goût du jour de ce classique du petit écran, Nicolas Vanier, grand spécialiste des tournages en milieux hostiles et surtout, très froids ("Le Dernier Trappeur" ou encore "Loup", c'est lui),  nous emballe un joli petit film, familial certes, empêtré dans une guimauve scénaristique qui frôle parfois l'effroi (la scène d'introduction, mais emballé avec maestria par celui qui est sans aucun doute l'un des réalisateurs les plus doués quand il s'agit de filmer la nature.  Ainsi, chaque plan laisse place à l'émerveillement et permet à tous les publics d'y trouver son compte.

L'autre point positif du film est d'user de son contexte historique, l'histoire se situant au cours de la Seconde Guerre mondiale (un aspect cependant bien édulcoré, les nazis passant pour de véritables enfants de chœur avec pour seul fait d'armes celui de réquisitionner beaucoup trop de pain…). Toutefois, l'œuvre de Vanier reste malheureusement et presque exclusivement destinée à un public assez jeune, en témoigne les scènes de dialogues (monologues ?) entre le héros et son chien, entre fautes d'orthographe et couinements canins.

On ne s'attardera pas non plus sur les chansons naïves de ZAZ ou les scènes entre Belle et Sébastien qui tirent sur le déjà-vu du déjà-vu dans le genre amitié qui se noue entre un enfant et un animal. Enfin, à noter aussi la présence de Tchéky Karyo qui n'arrive définitivement plus à choisir entre ses rôles de chasseur-montagnard au contact de la nature et ceux de bad-guy hollywoodien dans du gros bourrin sauce « Bad Boys ».

A prendre pour son côté contemplatif pour le public adulte, "Belle et Sebastien" est un film clairement destiné aux plus jeunes qui a cependant le mérite de ne pas verser dans la bouffonnerie réservée habituellement à ce genre de films, malgré un côté très, très cul-cul qui en rebutera plus d'un.

Auteur :Cyprien Pleuvret
Tous nos contenus sur "Belle et Sébastien" Toutes les critiques de "Cyprien Pleuvret"

ça peut vous interesser

J’accuse de Roman Polanski : La critique

Rédaction

Rencontrez Une Belle Equipe à Kinepolis Lomme !

Rédaction

Rencontrez l’équipe du film Play

Rédaction