28 septembre 2021
Critiques

Benedetta : Sexe, mensonge et chrétienté

Par Kévin Corbel


Basé sur une histoire vraie, "Benedetta", le nouveau long-métrage de Paul Verhoeven aborde la question de la foi sous un angle pour le moins insolite, avec en tête d’affiche une Virginie Efira très convaincante en bonne sœur dans la Toscane du XVIIe siècle.

Le récit se base sur l’histoire de la Sœur Benedetta Carlini, connue pour avoir été nommée abbesse à moins de 30 ans, après avoir eu des visions du Christ en personne et avoir reçu elle-même les stigmates de Jésus (les marques des plaies du corps du fils de Dieu). Elle sera accusée d’avoir eu des relations sexuelles avec l’une de ses sœurs du couvent, elle est encore aujourd’hui une figure historique du lesbianisme.

Verhoeven : le plaisir de provoquer

Comme l’on pouvait s’y attendre sur un film traitant d’une relation interdite filmée par le réalisateur de "Basic Instinct", certaines scènes de "Benedetta" sont plus qu’explicites et certains s’interrogeront sur leur réel intérêt dans la construction de l’intrigue. On reconnaîtra là la pâte de Paul Verhoeven, qui n’épargne pas l’Église catholique, que ce soit avec l’utilisation d’objets sacrés dans des actes sexuels ou dans la construction des personnages religieux, de la Mère supérieure (Charlotte Rampling) à l’évêque (Lambert Wilson), paradoxalement loin d’être des saints.

critique-benedetta1
Virginie Effira - Copyright Guy Ferrandis - Pathé Films
Élue de Dieu ou imposteur ?

Le point fort de "Benedetta" réside dans la performance de Virginie Efira en Sœur Benedetta, dont la sincérité du jeu d’acteur nous fait douter tout le long du film de ses réelles intentions. Jésus lui parle-t-il vraiment ? Tous les miracles qu’elle accomplit ne sont-ils qu’une mise en scène ? La seule chose dont on ne peut douter semble être sa foi en Dieu, qui dépasse largement celle de ses accusateurs.

Si le film, à l’image de Benedetta, a déjà ses fans et ses détracteurs, personne ne niera la fantastique performance de Virginie Efira, qui crève l’écran et s’impose comme une candidate sérieuse pour le prix de l’interprétation féminine. Et pour ceux qui penseraient le contraire, comme le dit si bien le Christ : « Pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. »

ça peut vous interesser

Tout s’est bien passé : L’émotion du raffinement et de la simplicité

Rédaction

Tout s’est bien passé : Pas de pleureuse

Rédaction

Tout s’est bien passé pour François Ozon et André Dussollier

Rédaction