1 décembre 2021
Critiques

Bergman Island : Un voyage pour les amoureux du cinéma

Par Fantine Descard

Avec "Bergman Island", la réalisatrice et scénariste Mia Hansen-Love ("Tout est pardonné", "Le père de mes enfants", "L’Avenir") nous emmène sur l’île de Farö, où elle retrace les pas du cinéaste suédois Ingmar Bergman. Sorti ce 14 juillet au cinéma, le film est présenté en compétition officielle du Festival de Cannes 2021.

"Bergman Island" raconte l’histoire de Chris et Tony, un couple de cinéastes qui s’installe sur l’île suédoise de Farö afin de travailler sur leurs scénarios respectifs. Au fur et à mesure de leurs avancées, la frontière entre fiction et réalité se brouille…

Une dimension autobiographique

L’ivresse romantique entre cinéastes. C’est dans cette conjoncture que l’on peut deviner un petit bout de la vie de Mia Hansen-Love. En effet, "Bergman Island" est un projet de longue date pour la réalisatrice qui a découvert l’île de Farö alors qu’elle fréquentait le cinéaste Olivier Assayas. On retrouve cette idylle dans les personnages de Chris et Tony. C’est peut-être la raison pour laquelle cette relation apparaît très personnelle et vulnérable à l’écran. Mais, on doit bien sûr aussi cette réalité banale et tremblante aux performances de Vicky Krieps ("Phantom Thread", "Colonia") et Tim Roth ("Reservoir Dogs", "La Planète des Singes"). Ils amènent à leur couple une simplicité relaxante fascinante, attribut que l’on retrouve aussi dans l’environnement qui les entoure.

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Tim Roth et Vicky Krieps - Copyright Les Films du Losange
Un voyage au cœur de l’île de Farö

Pendant presque deux heures, nous découvrons, en même temps que les personnages, le lieu qui a su charmer Ingmar Bergman. Sa pureté naturelle et sa netteté architecturale nous transportent, que ce soit au « Centre Bergman », à bord d’un bus touristique ou dans ses recoins méconnus. La façon dont Mia Hansen-Love dévoile l’île dégage une atmosphère sereine qui traverse l’écran. Avec des plans territoriaux, marins et parfois presque monochromes, l’éther délivré par la réalisatrice nous emmène dans le monde de Bergman. Enfin, pour accompagner l’esthétique nordique de "Bergman Island", on retrouve des airs traditionnels écossais et suédois, mais aussi des hits du groupe suédois ABBA.

L’amour adultérin

Après quelque temps passé sur l’île de Farö et après avoir avancé sur son scénario, Chris décide de l’exposer à son conjoint. Nous sommes alors embarqués dans son histoire et rencontrons Amy (Mia Wasikowska) et Joseph (Anders Dabielsen Lie). Alors qu’ils sont en couple chacun de leurs côtés, ils mènent une relation amoureuse adultérine au cours d’un mariage organisé sur l’île de Farö.

Cette dimension du film amène l’intensité qui lui manquait. On remarque aussi une nette différence entre la coloration de l’histoire de Chris et Tony et celle d’Amy et Joseph. Ces derniers sont entourés de couleurs plus vibrantes, plus poignantes, contrastant avec la sérénité passée. "Bergman Island" mêle processus créatif, voyage et amour. Malgré une découverte de l’île un petit peu trop longue, "Bergman Island" mérite sa place à Cannes grâce à son scénario original et sa réalisation qui sont en accord du début à la fin.

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