11 décembre 2019
Critiques

Bienvenue à Marwen : Small Soldiers

La critique du film Bienvenue à Marwen de Robert Zemeckis

Par Christophe Dordain

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Steve Carell

En découvrant "Bienvenue à Marwen", une simple question se pose : Robert Zemeckis est-il un cinéaste en perdition ? Telle est la question qui taraude les amateurs de vrai cinéma qui ont toujours su le créditer (et à raison) d’une confiance quasiment sans limite. Alors pourquoi une telle interrogation ? Et est-elle légitime ou pas ? Nous allons tenter de vous rassurer en y répondant…

Il faut bien admettre que sa nouvelle réalisation, "Bienvenue à Marwen", laisse un vaste sentiment de perplexité. Quel film à la fois étrange et fascinant ! Massacré par la critique outre-Atlantique qui lui a réservé un sorti peu enviable, on se dit que c’est dans la patrie de Méliès et de Jean Image que le nouvel opus zemeckien pourra trouver un repos salvateur. Et les faveurs du public au box office par la même occasion ? Voilà qui n’est pas certain. Toutefois, on le souhaite ardemment !

En cette période de fêtes finissantes, Zemeckis s’adresse à l’enfant qui sommeille en nous. Fort heureusement, nous sommes loin d’"Alliés" qui lorgnait outrageusement du côté de "Casablanca" (avec un casting à la limite de l’improbable de surcroît). Nous sommes encore plus loin de "Flight" (approche certes réaliste mais surtout excessivement religieuse d’un crash aérien et de la responsabilité du pilote. L’anti-"Sully" en somme). 




"Bienvenue à Marwen" est ainsi un projet fou un peu dans la lignée de "The Walk". Techniquement parfaite, la nouvelle réalisation de Zemeckis risque pourtant de décontenancer un public à la recherche de films trop lisses ce qui est l’apanage de cette période festive pour beaucoup d’entre nous. Quoique, il doit bien y avoir des aventuriers des salles obscures parmi celles et ceux qui lisent ce texte...

Le héros du film, Mark Hogancamp (joué par Steve Carell), a été la victime d'une amnésie totale après avoir été sauvagement agressé, mutilé et quasiment laissé pour mort. Que faire alors pour parvenir à dépasser le traumatisme subi ? Et bien, en guise de thérapie, Mark se lance dans la construction de la réplique d'un village belge durant la Seconde Guerre mondiale !

Curieux postulat de départ, vous en conviendrez. Mark y met donc en scène les figurines des habitants en les identifiant à ses proches, à ses agresseurs ainsi qu’à lui-même. Ce qui ouvre la porte à deux univers parallèles avec lesquels Zemeckis va jongler avec son habileté coutumière.

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Steve Carell.

Fantaisie et naïveté se conjuguent avec bonheur dans cet univers fantasmagorique même si l’on pourra regretter un léger manque de profondeur des personnages quand le héros revient à la réalité. Cependant, les fantasmes de Mark permettent à Zemeckis d’alterner entre monde réel et imaginaire avec aisance. Zemeckis y retrouve ici toute la maestria qui était la sienne avec "Le Pôle Express" par exemple (notamment pour la partie animée). Et puis, d'une certaine façon, on ne peut s'empêcher de penser au film "Small Soldiers" de Joe Dante.

Le grand public sera-t-il finalement réceptif à ce cinéma plein d’audace et de talent ? On aimerait tant le croire… Surtout quand on observe quels sont les autres films à l’affiche (maintenant et prochainement) qui vous invitent à vous demander ce qu’on a bien pu faire au bon Dieu pour mériter un tel fléau si vous saisissez l'allusion…


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