28 septembre 2021
Critiques

Big Eyes : Bien trop lisse

Si Tim Burton est un cinéaste qui nous avait enthousiasmé à des débuts, avec des univers fantaisistes comme "Pee-Wee Big Adventures" ou "Edward aux Mains D'Argent", cela fait bien longtemps qu'on n'attend plus avec impatience ses derniers films. Certes, on retourne en salle à chaque fois, en espérant retrouver la magie qui nous avait tant plu dans ses premières œuvres, mais le constat reste in variablement le même à la sortie : ça ne fonctionne plus. Avec "Big Eyes" (distribué par StudioCanal), Tim Burton signe son retour au biopic et on a eu l'espoir de retrouver avec celui-ci un film à la hauteur d'"Ed Wood" (qui reste sans aucun doute son meilleur film), biopic sur la vie d'un réalisateur de séries z. Cette fois-ci, le réalisateur a décidé de se pencher sur la vie de Margaret Keane, peintre qui connut un grand succès aux Etats-Unis dans les années 50, 60 avec des portraits d'enfants aux yeux proéminents, et dont le mari s'était attribué la paternité jusqu'à ce qu'un procès vienne mettre fin à cette supercherie.

Malheureusement, même si cette histoire d'usurpation a quelque chose de fascinant sur le papier, portée à l'écran, elle ne suscite plus grand intérêt. Est-ce le fait qu'il connaisse personnellement Margaret Keane (dont il collectionne les œuvres) qui explique que Burton nous livre un biopic propret, aux belles images colorées (qui rappellent l'ambiance d'"Edward Aux Mains d'Argent"), mais bien trop conventionnel pour un homme qui nous avait plutôt habitué à des films plutôt barrés. C'est d'autant plus dommage que le cinéaste se contente d'aborder en toile de fond un sujet qui aurait mérité un traitement un peu plus approfondi tant il y a à en dire : l'émancipation des femmes dans les années 50/60 et le droit à l'indépendance.

Quant aux acteurs, la performance de Amy Adams n'est ni remarquable, ni honteuse, elle se contente de jouer une Margaret Keane victime de sa gentillesse et de sa naïveté, abusée par son mari. Christopher Walz, lui, cabotine un peu trop à notre goût, par contre, au point de nous faire penser au jeu désagréable qu'à adopté Johnny Depp depuis de nombreuses années (on aurait bien vu ce dernier dans le rôle de Walter Keane d'ailleurs). On retiendra surtout la fraîcheur de Krysten Ritter ("Veronica Mars"), dans le rôle secondaire de la meilleure amie quelque peu délaissée.

Bref, "Big Eyes" n'est pas un mauvais film, certes, ni un mauvais biopic, il reste pourtant bien trop lisse, à tel point qu'on n'y retrouve même plus la touche si particulière du réalisateur. Avec ce constat final : Tim Burton semble avoir définitivement perdu la merveilleuse inspiration de ses débuts.

Auteure :Karine LebretonTous nos contenus sur "Big Eyes" Toutes les critiques de "Karine Lebreton"

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