8 décembre 2019
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Blindés : Le scénario, lui, ne l’est pas !

Au moment du lancement du projet "Blindés", les médias le présentèrent comme un remake du très bon "Convoyeur" de Nicolas Boukhrief. De deux choses l'une : soit c'est une adaptation très très libre, soit - et c'est plus vraisemblable - cette idée de remake a finalement été abandonnée. Car "Blindés" et "Le Convoyeur" n'ont quasiment aucun rapport, si ce n'est évidemment la profession exercée par les personnages principaux et l'idée de voir des convoyeurs de fonds céder à la tentation de l'argent facile.

Et tant mieux pour Boukhrief si ce film-ci n'a rien à voir avec le sien : "Blindés" est une médiocre série B sans envergure ni âme, qui souffre notamment d'un script incroyablement vide. Il y avait pourtant de quoi réussir un bon polar, mais la belle (et unique) trouvaille du scénariste ne débouche finalement sur rien, et c'est bien dommage : sous la plume d'un auteur plus chevronné, l'idée de transformer le film en huis-clos (avec le "gentil" convoyeur dans le camion blindé et les "méchants" qui attendent autour, le tout dans un hangar désaffecté) aurait sans doute eu plus de gueule.

Ici, cela se résume malheureusement à une série de minuscules morceaux de bravoure aussi vite torchés qu'inintéressants, et à quelques dialogues d'une lourdeur infinie sur le métier de convoyeur, son éthique et autres balivernes. Du coup, forcément, c'est l'ennui qui prime. Et la consternation : car "Blindés" ne se satisfait pas d'être un simple film d'action, mais tente aussi de lorgner çà et là vers la comédie. Les tentatives d'humour qui émaillent le film - notamment un premier quart d'heure inénarrable - sont autant de gigantesques flops, et ne concordent évidemment pas avec l'atmosphère pesante que tente d'installer Nimrod Antal.

Après un "Kontroll" prometteur, le réalisateur de "Motel" a véritablement raté son passage de la Hongrie aux États-Unis, manquant visiblement de style et de rythme. Sa direction d'acteurs est calamiteuse : les vieux briscards cabotinent un max, et les petits nouveaux arrivés des séries TV - la grande mode du moment - peinent à exister. Qu'Antal soit le réalisateur du prochain "Predator" laisse dubitatif. Mais peut-être qu'avec un scénario et un bon producteur... 

Auteur :Thomas Messias
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