30 novembre 2020
Critiques

Blue Jasmine : Excellent cru allenien !

Chaque projet de Woody Allen est très attendu. D'abord parce qu'il a fait d'excellents films, mais aussi parce qu'il en a fait de très mauvais. Depuis qu'il a quitté les USA avec "Match Point", le vieux bougre se vend de par le monde et écrit des scénarios qui s'adaptent aux villes dans lesquelles il va tourner. Une fois de plus, cela donne du bon ("Match Point") comme du mauvais ("To Rome With Love"). Allen surprend donc à chaque fois, de manière positive comme négative, ce qui explique en partie l'attente de chacun de ses films.

Avec "Blue Jasmine" (distribué par Mars Films), Woody Allen nous emmène à San Fransisco. Le film raconte l'histoire de Jasmine (Cate Blanchett). Elle est mariée à un riche businessman (Alec Baldwin qu'Allen retrouve après "Alice" et "To Rome With Love") et ne manque donc de rien, ce qui n'est pas le cas de sa sœur qui est mariée à ce que Jasmine considère comme un paumé. Lorsque son mari va en prison, la vie de Jasmine se retrouve toute chamboulée. Pour se remettre de cet épisode, elle va donc passer quelques temps chez sa sœur à San Fransisco. Seulement, la différence de niveau de vie est très différente, ce qui ne facilite pas la tâche à Jasmine.

Ce nouvel opus de la filmographie de Woody Allen exploite une fois de plus les éternelles situations dramatiques familiales qui jonchent la vie des gens. Que ce soit lors de bons ou mauvais films, Allen s'est fait spécialiste en la matière. Ses films regorgent de petits événements, de choses qui pourraient être presque anodines mais on sait bien évidemment, qu'au final, rien n'est jamais anodin chez Allen. Toutes ces choses fonctionnent, une fois de plus, très bien. Mais, si cela fonctionne bien, c'est en grande partie grâce au casting.

Comme à son habitude, Allen nous propose une petite brochette d'acteurs de grande renommée. Ici, on retrouve Alec Baldwin et Cate Blanchett. Le premier fait son deuxième film en compagnie du réalisateur New Yorkais tandis que la seconde signe une première collaboration. Et on ne va pas se mentir, elle aura une nomination aux Oscars pour ne pas dire, et on le lui souhaite, carrément la précieuse statuette. L'actrice australienne irradie le film de bout en bout. La voir se dépêtrer dans sa situation est juste jouissif à regarder. Jasmine s'embourbe dans ses mensonges, dans ses exigences et Cate Blanchett exécute tout cela à la perfection.

A ses côtés, Baldwin s'en sort très bien dans ce rôle de businessman qui n'est pas exempt de tous reproches non plus. En plus de ce très bon duo, il y a aussi Sally Hawkins (Le Rêve de Cassandre) qui joue le rôle de Ginger, la soeur de Jasmine et Bobby Cannavale (primé aux derniers Emmy Awards pour son rôle dans la série Boardwalk Empire) qui, lui, est le petit ami de Ginger. Ces deux acteurs font plaisir à voir car ils apportent une touche un peu plus barrée au film qui plus est, de la plus belle manière.

Impossible de mentionner un film de Woody Allen sans parler de musique. Une fois encore, elle apporte une légèreté qui colle très bien à cet univers qu'il nous offre depuis maintenant plusieurs années. Ces airs jazzy contrastent avec la noirceur de certaines situations, ce qui donne ce ton décalé typique des films d'Allen. Et bien que tout ne soit pas parfait (quelques gags qui tombent à plat, quelques longueurs parfois), on peut considérer sans aucun problème "Blue Jasmine" comme un excellent cru allenien.

Auteur :Christopher Ramoné

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