18 octobre 2019
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Boulevard de la mort : En voiture !

Top générique. Et hop, sortons de la Delorean, nous voilà dans les années 80. Cela craque, ça banane, ça chante eighties, il y a des traces de scotch et de brûlures : le projectionniste doit pas être très soigneux !

Sauf que... Sauf que sur notre billet il est marqué "Boulevard de la mort", à savoir le nouveau film de Quentin Tarantino. Donc, tout s'explique.

"Boulevard de la mort" ("Deathproof" soit à l'épreuve de la mort dans le texte), c'est donc la nouvelle réalisation de Tarantino, un film qui fait partie du projet « Grindhouse » avec le "Planète Terreur" de Robert Rodriguez.

Un film qui parle de la virée de 4 jeunes filles et de Mike le cascadeur, qui aime justement tuer les jeunes filles en goguette au volant de sa voiture de combat. Cela paraît simpliste ? C'est parce que ça l'est. Et ce n'est pas avec "Boulevard de la mort" que les vendeur d'aspirine vont faire fortune !

Sur une base très simple de slasher, Tarantino réalise pourtant un des films les plus jouissifs qui soit pour le spectateur et cela depuis fort longtemps. La question est donc : « qui va mourir en premier et comment ? ».

Pourtant, "Boulevard de la mort", c'est plus que cela. C'est d'abord un film de genre, certes, mais qui va vite, très vite, se jouer de ses codes. Découpé en deux parties, avec deux groupes de victimes, le film de Tarantino, même s'il semble se passer dans les années 80, dégaine vite la modernité : téléphones portables et grandes discussions...

Des grandes discussions que les amateurs rapprocheront vite des autres films de Tarantino, des « big macs français » de "Pulp Fiction" jusqu'à « Like a Virgin » de "Reservoir Dogs".

Comme avec "Kill Bill", ce sont des femmes que le réalisateur met au centre de son film, ça change un peu des précédents films de genre de l'ami Quentin, mais ça n'est ni moins drôle ni moins juste que lorsque ce sont des hommes qui sont mis en avant...

Décidément Tarantino sait tout faire. Et en plus, il le sait, et se permet du coup beaucoup d'audace. De rendre un film, censé relevé du genre "action", assez bavard, de montrer ses actrices en petit short moulant, soit bien loin des canons hollywoodiens.

Il se permet aussi de coller complètement à une esthétique datée, old fashion, entre la saturation des couleurs et les références visuelles. De la banane de Kurt Russell au moindre poster du bar ou des appartements des filles, rien n'est laissé au hasard !

Deathproof, au final, c'est la rencontre entre deux mondes et deux temps : celui de Mike la cascade, tueur « pour s'amuser », des demoiselles de leur temps, modernes, libérées et pas forcément décidées à se laisser faire. Deux temps qui se rencontrent plutôt violemment, un vrai bonheur pour le spectateur.

Très drôle, bourré de références, de clins d'oeil, du genre du caméo de Tarantino, de la sonnerie de portable « kill bill », le film se savoure, se déguste, et, au final, permet de croire encore que le cinéma est fait aussi de passions, de gens qui s'amusent et savent communiquer leur plaisir.

D'Austin au Texas jusque Lebano dans le Tennessee, un hourra pour Quentin Tarantino, son film risque fort de ne pas rencontrer un grand succès auprès du public mais, au moins, il s'est fait plaisir et fait largement plaisir aux cinéphiles que nous sommes !

Auteure :Fadette Drouard

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