14 octobre 2019
Critiques

Brice 3 : Le surfeur ne fait pas plouf !

Ne ménageons pas le suspect : vous avez bien aimé "Brice de Nice 3". Non, non, vous n'avez pas oublié la négation, vous avez vraiment trouvé "Brice de Nice 3" sympathique, vous avez même assez souvent rigolé devant les délires du plus décérébré des surfeurs français. Vous l'écrivez quand même avec une certaine honte, et un jour, quand vous retomberez sur ces lignes, il est probable que vous serez un brin gênée par cet aveu.

Mais vous ne pouvez pas mentir, et faire comme si vous n'aviez pas passé un bon moment, même si vous avez conscience que ce film, assez inégal et qui s'essouffle un peu vite, s'adresse plus aux ados et à ceux qui étaient ado lors du premier opus (donc les 20-30 ans, dont vous ne faites plus partie depuis fort longtemps) qu'à votre génération.

Ce constat est d'autant plus surprenant que rien ne le présageait, bien au contraire :

- Vous avez vu "Brice de Nice" version 2005 et vous n'en avez plus aucun, mais alors aucun souvenir. Vous êtes d'ailleurs bien incapable de vous rappeler de la moindre scène (sauf l'histoire étrange des pieds « pouces »). Un film qui marque aussi peu, c'est rarement bon signe, surtout quand on va en voir la suite ;

- Vous n'avez pas compris la blague sur l'absence de 2 ("Brice de Nice 3", parce que, vous citez, « le 2, il l'a cassé ! »). On a tenté à maintes reprises de vous l'expliquer, mais rien à faire, sur cette blague, votre cerveau vous semble avoir la taille de celui de Brice (soit représenter 7 % de votre crâne. Une bonne vanne du film) ;

- Vous avez beaucoup de mal avec Jean Dujardin. Vous ne remettez pas en cause ses talents d'acteur, cependant, vous avez un vrai problème physique avec lui (vous le trouvez, étrangement, visuellement assez repoussant, du coup vous avez du mal à le regarder à l'écran) ;

-  Vous pensez que James Huth est sûrement un des pires réalisateurs français : "Serial Lover", "Hellphone", "Lucky Luke", "Un Bonheur N'Arrive Jamais Seul", avec une telle filmographie, le bonhomme peut se recycler en jardinier (rapport aux navets... Bon, ok, cette blague est nulle);

- Vous aviez noté la présence de Clovis Cornillac à l'affiche, l'acteur français qui s'est spécialisé dans un genre bien particulier : les daubes !

Evidemment, ne vous souvenant pas du 1, vous n'avez aucun point de comparaison, il vous semble quand même que cette suite pousse le délire et le non-sens un cran plus haut, et c'est pour ça que le rire n'est pas difficile à venir... Ou pas, en fait ! Car c'est sûrement sur cet aspect que les fans de la première heure, au contraire, trouveront le film raté et loin d'avoir la fraîcheur et les répliques percutantes, devenues depuis cultes (« alors ça farte », « Point Break, un mec, quand il voit ce film, il devient bilingue en surf ! », « T'es comme le « h » de hawaï, tu sers à rien » ...) qui ont fait son succès.

Vous le reconnaissez, les aventures totalement folles et improbables qu'un Brice, grimé en père Fourras, imagine (il raconte son histoire à des enfants, loin d'être crédules), ne se donnant aucune limite, ont fait mouche sur vous, mais elles peuvent totalement rebuter les premiers fans. Pour vous expliquer, ça se traduit à l'écran par un Brice de Nice version « Dragon Ball Z » s'essayant à la technique du « Kamé Hamé Haaaaaaa ! », un petit aparté en mode comédie musicale avec des poissons qui font les chœurs, une scène de surf sur l'aile d'un avion (bah voyons !), et surtout des conversations avec Brody, the « Best Surfer Ever » ("Point Break", dont vous êtes vous-même aussi fan que Brice), apparaissant, à Brice, façon Dieu pour lui prodiguer des conseils fort judicieux (dont le plus évident, mais fort compliqué « Réfléchis Brice ! »). Bref du gros n'importe quoi (mais à vous, ça a plu - c'est d'ailleurs la voie qu'on reprochait à "Radin !" de n'avoir pas suivie) !

Enfin, surtout pendant la première partie que Brice passe à rechercher son ami de toujours, Mariusse, et qui est la plus folle, puisque la seconde, où Brice se retrouve face à son double (en plus « super ») est assez ennuyeuse et beaucoup moins convaincante (à partir de là, vous aviez envie que ça se termine). C'est d'ailleurs à ce moment-là qu'on s'aperçoit que le film souffre du manque d'un scénario qui tienne un peu la route et que "Brice de Nice 3" ne sera peut-être pas le succès escompté par la production au box-office. Mais pas de crainte, celle-ci semble avoir plus misé les partenariats publicitaires et le merchandising (petite note : vous avez craqué sur le Bisounours Brice de Nice – que vous collectionnez, si quelqu'un sait où le trouver, qu'il se manifeste !) que sur le film en lui-même pour générer les pièces jaunes fétiches du surfeur. Et c'est ça qui compte plus que le plaisir des spectateurs, non ? (non ?).

En fait, si "Brice de Nice 3" fait rire les presque (et, peut-être, que) les quarantaines, c'est peut-être qu'il a mal vieilli ?
Auteur :Karine Lebreton
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