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Brothers : Au nom du frère

Il y a des films qu'on a envie d'aller voir pour se divertir et d'autres pour lesquels la motivation est plus compliquée à trouver. "Brothers" (distribué par Wild Bunch) est de ceux-là. On aurait pourtant tort de ne pas faire le détour.

Sam est porté disparu. Le gouffre s'ouvre sous les pieds de Grace qui ne trouve de réconfort qu'auprès de Tommy, le frère de Sam. Plus sensible, plus paumé que ce dernier, Tommy est en butte avec sa famille. C'est que son père est autoritaire, voire violent, et qu'il prône un sens du devoir « à tout prix » que Sam applique au pied de la lettre.

Tommy, c'est le solaire, le souriant et le tendre, c'est évident au premier coup d'oeil. C'est aussi pour ça que quand Sam revient miraculeusement du front, il supporte mal la complicité qui est née entre sa femme et son frère cadet. Surtout qu'il porte en lui le traumatisme d'Afghanistan, bien loin de faire de lui le « héros de guerre » qu'on le félicite d'être. Comment vivre après la guerre ?

Avec quel trauma ceux qui sont revenus du front d'Afghanistan doivent-ils reprendre le cours de leur vie, au milieu de l'incompréhension générale ? "Brothers" n'est pas le premier film à se poser la question, mais c'est le premier film « hollywoodien » à oser soulever le sujet. Il le fait en se basant sur « l'humain », avec un trio d'acteurs au plus juste, Jake Gyllenhaal et Natalie Portman en tête, Tobey Maguire étant parfois un peu dans le surjeu. C'est qu'il incarne le difficile rôle de Sam, taciturne et torturé.

Globalement pourtant, "Brothers" joue la carte de la sensibilité, au-delà des grosses ficelles et des clichés, lui conférant toute sa force, et faisant notre faiblesse..

Auteure :Fadette Drouard
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