14 décembre 2019
Critiques

C’est la fin : Films de potes et délire grand guignolesque

"C'est la fin" : une comédie horifique US qui honore ce que le système en place engendre de mieux et de pire.

Si indéniablement, le rire prend parfois le dessus, on n'en demeure pas moins dubitatif quant à la portée de cet objet filmique parfois grotesque.

Pour son premier passage derrière la caméra, Seth Rogen a décidé de s'entourer de sa bande d'amis, avec notamment Evan Goldberg, producteur et scénariste de plusieurs comédies à succès pour l'assister derrière la caméra.

Les deux compères ont alors rassemblé leurs potes pour ce qui devait être, à l'origine, qu'un simple court-métrage, "Jay and Seth Versus the Apocalypse". Mais, finalement, face à l'engouement des comédiens et à l'envie de prolonger les bêtises et les bouffonneries, les joyeux lurons ont décidé de réaliser eux-mêmes un long-métrage reprenant le pitch de départ imaginé par Jason Stone.

On retrouve ainsi Jonah Hill, fidèle compagnon de Rogen depuis les débuts de l'écurie Apatow, James Franco (Spideman, Delire express...) Danny McBride (la comédie de HBO "Kenny Powers" – "Eastbound & Down" en VO), ou encore Jay Baruchel (vu notamment dans Tonneres sous les tropiques).

"C'est la fin" repose sur les archétypes et l'iconograhie du film d'horreur américain chrétien : pour mieux s'en moquer, mais sans jamais se départir de la rédemption attendue. Au fil de quelques remarques ironiques sur les moeurs hollywoodiennes faussement satiriques pour ne pas ainsi dire convenues, "C'est la fin" s'enlise dans la surenchère de vannes outrancières et de grimaces, ressemblant à s'y méprendre à un DTV bas de gamme et de plafond.

Néanmoins, sans jamais se prendre au sérieux, mais en jouant au contraire d'un sens plus ou moins aiguisé de l'auto-parodie et de la dérision. Et ce, tout en prolongeant la plupart des lignes connues du genre (primat de l'amitié, besoin impérieux de grandir sans renier sa part adolescente, coolitude West Coast) en ne tombant pas nécessairement dans la facilité qui guette un système désormais bien établi.

Film d'acteurs, à défaut d'auteur, "C'est la fin" reflète, malgré ses quelques faiblesses, une discrète déclaration d'amitié qui synthétise, à elle seule, l'influence de toute la beauté du cinéma d'Apatow. Le film parvient donc à trouver un équilibre volontairement bancal qui place le projet au sommet de la montagne des facéties de ce genre.

Il n'en demeure pas moins que cette gaudriole, toute en complaisance et en autosatisfaction, s'adresse aux afficionados du genre. Elle se destine essentiellement aux fondus de la comédie US contemporaine qui se réjouiront de retrouver les acteurs qui la font vibrer.

S'inscrivant dans des postures de film 90's, que certains pourront qualifier de désuète, le long-métrage ne pourra pas plaire à tout le monde. Rien de grave là-dedans : les déçus ou hermétiques auront largement de quoi se consoler avec l'hilarant duo Pegg-Frost dans "Le dernier Pub avant la fin du Monde" : à ne rater sous aucun prétexte !

En deux mots : "C'est la fin" ou film de potes, délire grand guignolesque valsant entre le non-sens et la continuité narrative engourdie, critique édulcorée d'Hollywood. En somme, un peu de tout cela à la fois.

Auteur :Nicolas Vasseur
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