16 septembre 2019
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Camping : Le Naufrage

La bonne surprise "OSS 117" à peine passée, il faut bien replonger dans le quotidien de la comédie française populaire salasse qui tâche. Réalisé par l'inénarrable Fabien Oteniente, « auteur » de "Jet Set", "Trois Zéro" ou "People", "Camping" débarque avec un lourd passif : un réalisateur nul, un scénario écrit par le même réalisateur nul et un sujet de société qui rappelle Les bronzés. Gros, gras, gluant et piteux, voilà une comédie qui donne envie de déserter durablement les salles obscures. Grave.

Après avoir « brocardé » le milieu de la jet set et du football professionnel, Fabien Oteniente s'attaque à celui des campeurs. Chroniqueur social d'une rare finesse, le metteur en scène a déjà donné naissance à une œuvre qui fera date dans l'histoire pourtant particulièrement sinistrée de la comédie française.

"People", dernier opus en date, avec son apologie de la drogue (on y bouffait des ecstasys comme des bonbons) et sa vision de l'homosexualité digne du Texas des années 50 avait durablement repoussé les limites du nul.

Pas découragé, le réalisateur remet le couvert pour un film certes consternant bien qu'un tout petit peu moins immédiatement pathétique que son Jet set 2 (qui restera son chef d'œuvre donc).

Si "Kill Bill" est un hommage particulièrement réussi à Sergio Leone et aux films de samouraï, Camping doit probablement être l'hommage personnel et émouvant d'Oteniente au cinéma de Max Pecas. Même direction d'acteurs (inexistante), même plage ensoleillée, même filles dénudées, etc. Tout est là y compris une bande originale totalement naze.

Tous les éléments sont réunis pour satisfaire les bas instincts du spectateur soucieux de retrouver TF1 au cinéma : humour bas de plafond, avalanche de clichés, célébrités comiques qui font leurs premiers pas sur grand écran.

Les trois répliques drôles du film étant bien évidemment dans la bande annonce, le temps paraîtra démesurément long d'autant que le film se traîne péniblement jusqu'à un final débordant de bons sentiments.

Quelque part entre "Mon curé chez les nudistes" et "Deux enfoirés à Saint Tropez", "Camping" commet en outre l'erreur suprême de ne jamais choisir entre satire d'un milieu social (façon "Les bronzés" 1 et 2) et comédie de situation pure et dure.

Le cul entre deux chaises, « l'humour » du film ne décolle jamais, Oteniente refusant de se moquer frontalement de ses personnages campeurs. Ce qui aurait pu être un portrait piquant d'une communauté un brin beauf mais sympathique tourne au vide sidéral, le réalisateur/scénariste préférant filmer des nudistes crétins, des bimbos siliconées et des clichés béants.

Le casting est à ce titre consternant puisque chaque acteur incarne son propre stéréotype : dragueur frimeur et débile pour Dubosc, râleur au grand cœur pour Lanvin (qui cachetonne à mort en attendant des jours meilleurs et qui, par ailleurs, n'a pas participé à la promotion du film étant donné que le tournage s'est fort mal passé...) et grande gueule pour Mathilde Seigner.

Leurs péripéties restent incroyablement prévisibles et inintéressantes tandis que Oteniente passe son temps à surligner ce que tout le monde a compris depuis une bonne heure.

Voilà donc (encore) une grosse comédie française qui prend son public pour un crétin. Sans autre ambition que de faire un peu de fric sur un malentendu, "Camping" est un film à éviter surtout si on a envie de se détendre entre potes. Allez : "OSS 117", c'est en face.

Auteur :Frédérick Lanoy

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