29 novembre 2021
Archives Critiques

Ce que le jour doit à la nuit : Nostalgie quand tu nous tiens

Alexandre revient à ses amours : l'Algérie, la famille, l'amour du cinéma américain, qu'il cultive depuis ses débuts cinématographiques : "Le Grand Pardon" (1982), "Le grand carnaval" (1983), "Pour Sacha" (1991) ou encore "Là-bas mon pays" (1999), pour ne citer qu'une partie d'entre eux. En adaptant le roman éponyme de Yasmina Kadra (Ce que le jour doit à la nuit), il rêvait sans doute de réaliser un "Autant en emporte le vent" à la sauce franco-algérienne. 

L'histoire pouvait se prêter à la réalisation de ce rêve : Dans l'Algérie des années 1930, Younes a 9 ans lorsqu'il est confié à son oncle pharmacien à Oran. Là il devient Jonas, il grandit parmi les jeunes de Rio Salado, se constituant au fil des années un groupe d'amis. Au sein de cette bande, il y a Emilie, la fille dont tous sont amoureux. Entre Jonas et elle naîtra une grande histoire d'amour, qui sera bientôt perturbée en raison des événements qui vont agiter le pays. L'histoire est servie par des acteurs attachants (Fellag en pharmacien, Anne Consigny son épouse, Vincent Perez en viticulteur,...) Certes, de nombreux éléments sont bien présents dans son film : une histoire d'amour impossible, les grands espaces, la guerre, etc. Le directeur de la photographie a su magnifier la beauté des paysages. Mais il manque au film d'Arcady l'ampleur, le souffle, que savent lui injecter les américains. 

Le sujet pouvait donner naissance à une oeuvre ample, dense, forte, à l'instar de "1900", film réalisé en 1976 par Bernardo Bertolucci, qui a su peindre la fresque que nécessitait le sujet de son film, évoquant en 5heures et 20 minutes l'histoire de deux hommes tout au long de la première du XXème siècle en Italie, transformant leur devenir en véritable épopée, bouleversée par les soubresauts de l'histoire. Dans le film d'Arcady, bien que l'on développe les situations sur près de 70 années, et bien que le film dure 2 heures et 40 minutes, on reste à la surface des choses, tout en cultivant une nostalgie doublée d'un sentimentalisme à chaque seconde de ce film.
Auteur :Christian Szafraniak
Tous nos contenus sur "Ce que le jour doit à la nuit" Toutes les critiques de "Christian Szafraniak"